Mobilisation pour une indemnité de déplacement : plus d'un millier de CRS se font porter pâle

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Mobilisation pour une indemnité de déplacement : plus d'un millier de CRS se font porter pâle
"On devrait dépasser les 2.000 arrêts de travail", a pronostiqué Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité-SGP-FO (photo d'illustration).@ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Plus d'un millier de CRS se sont déclaré en arrêt maladie ou en consultation médicale jeudi, en signe d'opposition à une réforme soumettant leur indemnité de déplacement aux prélèvements sociaux.

Plus d'un millier de CRS (Compagnies républicaines de sécurité), opposés à une réforme soumettant leur indemnité de déplacement aux prélèvements sociaux, se sont faits porter pâle jeudi, selon des sources policières et syndicales. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb recevra vendredi matin à 7h30 les trois secrétaires généraux d'Alliance, d'Unité-SGP et de l'Unsa-Police, réunis en intersyndicale contre cette réforme, a indiqué son entourage.

"Très forte" mobilisation. La mobilisation est "puissante" jeudi, a reconnu un haut responsable policier, estimant à plus d'un millier le nombre de CRS se déclarant en arrêt-maladie ou en consultation médicale. Selon le syndicat Alliance, la "mobilisation est très forte". Vers 11 heures, Alliance avait décompté environ 1.500 fonctionnaires "en maladie".

Les chiffres de cette mobilisation devraient évoluer à la hausse au fil des prises de service dans les compagnies de CRS engagées sur le terrain jeudi, une journée marquée par un appel à manifester contre la réforme du code du travail. "On devrait dépasser les 2.000 arrêts de travail", a pronostiqué Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité-SGP-FO.

L'Ijat au cœur des revendications. Réunis en intersyndicale mercredi, Alliance, Unité et l'Unsa-police avaient appelé les CRS à "se mobiliser fortement sans délai" et réclamé l'intervention de Gérard Collomb dans cet épineux dossier. Les syndicats revendiquent que l'Ijat (indemnité journalière d'absence temporaire), versée lorsque les CRS sont en mission, soit exonérée des prélèvements sociaux et en particulier de la CSG (contribution sociale généralisée). D'un montant quotidien de 39 euros, l'Ijat constitue un important complément de revenu pour les CRS, au regard du nombre de missions effectuées. Créée dans les années 1960, cette prime fait l'objet d'une défiscalisation, ce qui lui vaut régulièrement les foudres de la Cour des Comptes.

Dans une lettre adressée aux syndicats, mercredi, le directeur général de la police nationale, Eric Morvan, a souligné que l'exonération des contributions sociales sur l'Ijat n'était pas "possible" mais a rappelé que le gouvernement s'était engagé à ce qu'elles soient "intégralement" compensées par une augmentation de cette indemnité, qui sera portée à 42,79 euros brut au 1er janvier 2018. 

Le paiement des heures supplémentaires "mensualisé". Le DGPN promet également le paiement de l'Ijat sur une fiche de paie spécifique et la possibilité de percevoir cette indemnité sur un compte bancaire différent de celui sur lequel est versé le salaire principal. Pour répondre aux griefs des syndicats dénonçant l'allongement des délais de paiement de l'indemnité, le DGPN assure que ce décalage sera "très limité" dans le temps et affirme que le paiement des heures supplémentaires, aujourd'hui trimestriel, "sera définitivement mensualisé".