Migrants : des associations alertent le gouvernement sur la situation dans le Calaisis

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Migrants : des associations alertent le gouvernement sur la situation dans le Calaisis
Les associations alertent sur le retour des migrants dans le Calaisis@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Des associations, dont le Secours catholique, dénoncent l'abandon par l'Etat des "nombreux réfugiés potentiels" dans le Calaisis. Le collectif adresse une lettre ouverte aux ministres de l'Intérieur et du Logement. 

Après le démantèlement de la Jungle de Calais par les autorités en octobre dernier, les migrants reviennent dans la région. Dans une lettre ouverte, plusieurs associations (dont le Secours catholique, Emmaüs France et L'Auberge des migrants) dénoncent l'absence de structures d'accueil et l'inaction des services de l'Etat face à ces nombreux retours et en appellent aux ministres de l'Intérieur et du Logement. 

Pas d'eau potable ni d'abri. Le Secours catholique du Pas-de-Calais décrit une situation de grande précarité sanitaire pour ces migrants. "Nous rencontrons de nombreuses personnes en danger", déplore le collectif.

Les associations assurent que "les besoins élémentaires ne sont pas pourvus". Ainsi, ces exilés, n'ont pas accès "à un abri pour la nuit, à l'eau potable, à la nourriture, aux toilettes". "Les exilés que nous rencontrons souffrent notamment de ne pas pouvoir s'alimenter", regrette le Secours catholique. Face à cette situation, les bénévoles envisagent "donc de recommencer à organiser de nouveau une distribution alimentaire de rue".

L'Etat doit "revenir sur ses décisions". L'association dénonce l'abandon et la mise en danger "de nombreux enfants ainsi que de nombreux réfugiés potentiels (...) par les autorités de notre pays". "Vous ne pouvez pas continuer à faire "comme si" les réfugiés n’étaient pas présents dans le Calaisis", poursuit-elle. Le collectif demande à l'Etat de "revenir sur les décisions qui ont été prises et annoncées et de répondre au respect humanitaire minimal dû à tout individu".

Une structure d'hébergement écartée par l'Etat. Vendredi, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme alertait elle aussi l'Etat sur la situation dans le Calaisis ainsi qu'en Ile-de-France et dans la vallée de la Roya. Dans une lettre adressait à Bernard Cazeneuve la CNCDH décrivait "des exilés contraints de survivre, en plein hiver, dans les pires conditions". 

Fin janvier, Bruno Le Roux et Emmanuelle Cosse avaient refusé d'ouvrir une structure d'hébergement pour les migrants à Calais. Malgré la demande des associations, les ministres de l'Intérieur et du Logement assuraient vouloir éviter tout "point de fixation".