Migrants de Calais: l'Etat fait appel de l'obligation de mesures d'aide

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Migrants de Calais: l'Etat fait appel de l'obligation de mesures d'aide
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Le préfet du Pas-de-Calais Fabien Sudry a annoncé jeudi que l'Etat avait fait appel de la décision du tribunal administratif de Lille ayant ordonné fin juin des mesures d'aide aux migrants à Calais. "L'Etat vient de faire appel de la décision du tribunal administratif prise en référé", a déclaré Fabien Sudry en marge d'un déplacement consacré à la "renaturation" de l'ex-"Jungle" de Calais. "C'est une décision du ministère de l'Intérieur avec un appel devant le Conseil d'Etat", a-t-il dit, précisant que l'appel avait été effectué "ce matin même".

Le tribunal avait donné raison aux associations. Le 26 juin, le tribunal administratif de Lille avait refusé la création à Calais d'un centre d'accueil d'urgence pour les migrants, mais avait ordonné la mise en place de mesures pour leur venir en aide. La justice administrative avait ainsi donné en partie raison aux onze associations l'ayant saisi en référé pour demander l'arrêt des "entraves" à la distribution de nourriture aux quelque 400 à 600 réfugiés présents dans le Calaisis.

"L'Etat a considéré, après la ville de Calais, qu'il y avait dans cette décision des considérations qui pouvaient être discutables sur le plan de l'intérêt général", a dit Fabien Sudry. L'Etat a ainsi souhaité que "la juridiction suprême puisse se prononcer de manière définitive sur des sujets complexes qui ont été examinés par le tribunal administratif de Lille", a-t-il dit, précisant que l'appel n'était pas suspensif.

De l'eau et des sanitaires. Dans son ordonnance, le juge avait réclamé différentes mesures comme la "création (...) de plusieurs points d'eau et de sanitaires" et un "renforcement du dispositif d'accès à des douches, réservé jusqu'à présent aux personnes malades et en particulier à celles atteintes de la gale" avec l'obligation "de laisser les associations continuer à distribuer des repas dans les conditions déjà fixées par le juge des référés (ordonnance du 22 mars 2017)".

Jeudi matin, de nombreux migrants africains tentaient de monter dans des camions dans la zone industrielle de Calais, non loin du port où les poids lourds embarquent sur des car-ferries pour rejoindre l'Angleterre.