Meriam Rhaiem : "il m'a dit : 'oublie ta fille'"

  • A
  • A
Partagez sur :

INTERVIEW E1 - Meriam Rhaiem a raconté mercredi, au micro de Thomas Sotto, son combat pour récupérer sa fille Assia, qui avait été enlevée en Syrie par son mari parti faire le djihad. 

Assia, mama est là. C’est le titre du livre de Meriam Rhaiem, une jeune maman qui s’est battue pour récupérer sa fille Assia, aujourd’hui âgée de 3 ans, et enlevée par sa son père en Syrie, le 14 novembre 2013. Le 3 septembre dernier, Meriam Rhaiem est parvenue à retrouver et à ramener sa fille. Elle s’est confiée au micro d’Europe 1.

Une radicalisation en deux mois. Selon Meriam Rhaiem, son mari s’est radicalisé extrêmement vite, en l’espace de deux mois, sur Internet. “Il regardait des vidéos à la longue mais n’en parlait pas avec moi. Quand il essayait de m’imposer quelque chose, j’étais traitée d’égarée", raconte-t-elle. Pour Meriam Rhaiem, cet embrigadement est sectaire et n’a rien à voir avec la religion. Son mari arrête de travailler, lui impose le port du voile et interdit les peluches mais aussi la crèche à leur fille.

La séparation et le jeu de dupe. En juillet 2012, les parents d’Assia se séparent. Le père joue alors un double jeu. “Il amène sa propre fille à la piscine, alors qu’il était totalement contre et il lui achète des poupées”, raconte Meriam Rhaiem. Quinze mois plus tard, son mari s’envole à la frontière espagnole avec sa fille. En réalité, il est localisé en Turquie puis passera dans la foulée en Syrie. Avec Assia. Le début du cauchemar pour sa mère.

La vie d’Assia en Syrie. Difficile de savoir pour Meriam Rhaiem à quoi ressemblait la vie de sa fille en Syrie. Même si elle le devine aisément : “elle était entourée de gens armés qui la séquestraient. Elle était privée du regard de sa mère”.

>> Ecoutez Meriam Rhaiem au micro d'Europe 1 : 



Meriam Rhaeim : "elle était privée du regard de...par Europe1fr

Les retrouvailles. Pour retrouver sa fille, Meriam Rhaiem va s’introduire, via les réseaux sociaux, dans le groupe djihadiste de son mari. Elle parvient à se faire passer pour l’un des leurs et fixe un rendez-vous à son mari et sa fille en Turquie. Les policiers turcs les interpellent alors en septembre 2014 et permettent à Meriam Rhaiem de récupérer enfin son enfant.

“Elle va très bien”.  Aujourd’hui, Assia “va très bien”, confie sa mère. Les débuts ont cependant été difficiles : “elle avait peur des avions, ça lui rappelait les bombardements”. La petite fille, qui fête ce mercredi ses trois ans, est aussi suivie par une psychologue. Malgré ce bonheur retrouvé, sa mère et elle sont néanmoins placées sous protection policière. Si son mari est en prison, les membres du groupe djihadiste qui la séquestraient, restent une menace.

>> LIRE AUSSI - Pour la mère d'Assia, le père djihadiste est sous "emprise sectaire"