Maxime Brunerie : "Je préfère regarder devant"

  • A
  • A
Maxime Brunerie : "Je préfère regarder devant"
Partagez sur :

EXCLUSIF - Pour la première fois depuis sa sortie de prison, celui qui a tenté d’assassiner Jacques Chirac s’exprime publiquement.

"Je n’ai pas trop envie de revenir là-dessus." Maxime Brunerie, qui s’exprimait publiquement pour la première fois depuis sa sortie de prison en août, jeudi sur Europe 1, a du mal à évoquer le 14 juillet 2002. Ce jour-là, il avait tenté d’assassiner le président de la République, Jacques Chirac, lors du défilé sur l'avenue des Champs-Elysées.

Aujourd’hui, Maxime Brunerie "préfère regarder devant" : "Pendant les premières années de la détention [qui a duré sept ans], ça a été : «comment j’en suis arrivé là ?». C’était revoir la journée, la semaine précédente, le mois, les années. Et puis y a un moment je me suis dit : Il faut que je vois devant parce que sinon, je n’y arriverai jamais."

Ecoutez l'interview de Maxime Brunerie :

Acceptant de revenir sur son projet d’assassiner Jacques Chirac, l’homme de 32 ans explique avoir "complètement pété les plombs". Il met en cause son rythme de vie déséquilibré : "La journée type, c’était du 24/24. J’avais un travail de gardiennage, je terminais ma vacation à 5 heures du matin. J’avais des activités militantes de 5 heures à 7 heures. Puis je prenais la voiture pour rentrer, prendre une douche, un petit déjeuner, et partir en cours. Et c’était comme ça toute la semaine."

"J’ai tout mis sur le boulot, les études, l’argent, poursuit Maxime Brunerie. Je ne voyais plus mes amis. Il n’y avait plus de réelle vie sociale, tout simplement. Ça a tenu un an comme ça et puis au bout d’un moment, ça a fait « crac ». Dans le pétage de plomb y avait un coté « regardez moi, je suis tout seul ». Il y avait une part de roue libre, de narcissisme complètement incontrôlé."

"Maintenant il faut que je vive avec, dans un coin de ma tête, qu’un beau matin j’ai tiré à froid sur quelqu’un que je ne connaissais absolument pas et qui ne s’en est pris ni à moi, ni à aucun de mes proches. C’est pas tous les jours facile de vivre avec ça sur la conscience." L’ancien militant d’extrême droit, qui fut encarté au Mouvement national républicain (MNR), dit avoir écrit une lettre à Jacques Chirac, quelques jours après les faits, "une fois revenu sur terre". Il n’a pas eu de réponse.

A sa sortie de la prison de Val-de-Reuil, dans l’Eure, le 3 août dernier, "il n’y [avait] pas vraiment de malaise ou de vertige. Ce n’est pas évident. Ce qui fait plaisir, c’est vraiment de rencontrer du monde, des personnes, des sourires. Pouvoir voir du monde, c’est vraiment génial." Parvient-il désormais à oublier cet épisode ? "Oublier, peut-être pas encore. Disons que c’est en train de se ranger. Le temps passe. La date de ma libération me parait très, très loin. C’est rangé, c’est dans les souvenirs. Le quotidien reprend le dessus".

Maxime Brunerie évoque enfin "des espoirs, des aspirations" : "Quelque chose de simple, réel, authentique. Avoir des proches, une famille, une maison. Etre installé dans la vie, que ce soit au niveau personnel ou professionnel. Un peu comme tout le monde."

Europe1.fr avec Emilie Denètre