Lutte contre la pédophilie dans l'Eglise : une association dénonce des "mesures de surface"

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Les évêques se réunissent jusqu'à vendredi à Lourdes et évoqueront notamment la lutte contre la pédophilie. Mais pour l'association "La parole libérée", le problème est loin d'être suffisamment traité.

Les 120 évêques de France se réunissent à partir de mardi à Lourdes pour leur assemblée plénière de printemps, qui va durer jusqu'à vendredi. Il y sera notamment question de lutte contre la pédophilie, deux ans après l'éclatement au grand jour de plusieurs affaires, ce qui avait poussé l'Eglise à mettre en place un certain nombre de dispositifs. En 2018, cette lutte "est un chantier au long cours" prévient l'épiscopat, quand les victimes, elles, s'impatientent. 

"370 dénonciations". Des cours sur la vie affective dans la formation des prêtres ou encore une cellule d'écoute pour les victimes mise en place dans 70 diocèses sont quelques exemples de ces nouveaux dispositifs mis en place par l'Eglise. Depuis deux ans, la Conférence des évêques de France a même créé une cellule permanente de lutte contre la pédophilie, dirigée par Monseigneur Crépy : "On a eu 370 dénonciations de victime. Quand une victime vient dénoncer un abus sexuel, l'évêque invite à porter plainte. Si la victime ne porte pas plainte, l'évêque est tenu de faire un signalement auprès du procureur de la république et l'affaire est traitée, ce qui est très important, parce que pendant longtemps, les affaires n'étaient pas suivies au niveau de la justice", explique l'homme d'Eglise.

"L'Eglise ne reconnaît pas sa responsabilité". Ces initiatives sont salutaires, mais insuffisantes, répondent certaines associations de victimes, comme La parole libérée, la principale association de victimes. Elle a remis en janvier un rapport aux évêques, avec plusieurs demandes : l'indemnisation des victimes d'actes pédophiles par l'Eglise, comme en Allemagne, ou encore la tenue de procès canoniques hors de la région d'exercice d'un prêtre mis en cause.

Mais ce son autant de points restés sans suite, déplore le président de l'association, François Devaux : "On veut une remise en question de fond. Depuis 2016, ce sont vraiment des mesures de surface. L'Eglise ne reconnaît pas sa responsabilité morale. Ils sont très très refermés sur eux-mêmes." Plusieurs victimes souhaitaient d'ailleurs venir parler devant les évêques à Lourdes. Mais l'épiscopat a préféré diffuser des témoignages enregistrés.