Lozère : trois mois de prison avec sursis pour un éleveur qui avait blessé un gendarme

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Lozère : trois mois de prison avec sursis pour un éleveur qui avait blessé un gendarme
L'éleveur a cherché à forcer l'entrée d'un parc aux loups avec son tracteur, blessant un gendarme aux jambes@ AFP
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Un éleveur de bovins a été condamné à trois mois de prison avec sursis vendredi en Lozère pour avoir blessé un gendarme aux jambes en tentant de forcer l'entrée d'un parc aux loups en juillet dernier.

Le président de la Coordination rurale de Lozère a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Mende pour avoir blessé en juillet un gendarme avec un tracteur.

"Le syndicalisme ne permet pas tout". Hervé Sapet, qui était absent à l'annonce du jugement jeudi, s'est également vu infliger cinq ans d'interdiction de détention d'arme. Six mois de prison avec sursis avaient été requis le 4 septembre contre l'éleveur et syndicaliste. "Le syndicalisme ne permet pas tout" et "ne mérite pas de mettre en danger la vie d'un gendarme", avait déclaré dans son réquisitoire le procureur de la République de Mende Xavier Sicot.

Il avait également requis une interdiction de se rendre sur la commune de Saint-Léger-de-Peyre, où se trouve le parc aux loups devant lequel s'était déroulé l'incident et une interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.

La question de "l'intentionnalité du geste". "Je comprends les problèmes du loup et des troupeaux, mais ça n'est pas le débat aujourd'hui", avait ajouté le magistrat, soulignant que c'était la question de "l'intentionnalité" du geste qui était débattue devant le tribunal correctionnel qui jugeait Hervé Sapet pour "violences avec arme sur une personne dépositaire de l'autorité publique".

Un "accident", selon l'agriculteur. Hervé Sapet, éleveur de bovins de 43 ans, était accusé d'avoir blessé aux jambes un gendarme (qui a eu un jour d'ITT) en cherchant à forcer avec un tracteur, le 23 juillet dernier, la barrière d'entrée du parc aux loups, lors d'une manifestation hostile à l'espèce protégée.

Pour la défense, Me Aurélien Vergani avait plaidé la relaxe, estimant que les faits reprochés n'étaient pas établis. Hervé Sapet avait assuré avoir simplement voulu bloquer l'entrée du parc animalier et non pas en forcer l'entrée, parlant d'un "accident". 

Déjà condamné en 2016. L'agriculteur était en état de récidive légale, puisqu'il avait déjà été condamné en février 2016 à un mois de prison avec sursis et 300 euros d'amende pour avoir participé en novembre 2015 au saccage des locaux de l'Association lozérienne pour l'étude et la protection de l'environnement (Alepe), qui défend notamment les loups.

Les loups, un sujet de discorde important. La présence et la protection du loup en Lozère sont contestées par de nombreux agriculteurs, en particulier les éleveurs d'ovins, qui souffrent d'attaques meurtrières de troupeaux. Le parc aux loups, dont s'étaient échappés certains prédateurs en mars 2016 à la suite d'un acte de vandalisme, cristallise régulièrement les tensions autour de cet animal en Lozère.