Loi asile et immigration : "un droit d'asile au rabais", dénonce La Cimade

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Jean-Claude Mas, secrétaire général de La Cimade, dénonce sur Europe 1 "la logique répressive, de contrôle, de tri, d'enfermement" du projet de loi asile et immigration. 

INTERVIEW

Alors que le projet de loi asile et immigration est débattu depuis lundi soir à l’Assemblée nationale, les associations de défense des réfugiés dénoncent un "droit d’asile au rabais", comme La Cimade. "C’est un projet de loi pas du tout équilibré, qui penche vers une logique répressive, de contrôle, de tri, d’enfermement, de volonté d’expulser, voire de bannir les personnes car on cherche aussi à faire en sorte qu’elles ne reviennent pas durablement sur le territoire", a déploré lundi dans Europe Nuit Jean-Claude Mas, secrétaire général de La Cimade.

Un gain de temps au détriment des droits humains. Alors que le projet de loi vise entre-autres à réduire les délais d’instruction de la demande d’asile, Jean-Claude Mas estime que ce gain de temps se fera "au détriment des droits humains". "On va réduire le délai pendant lequel la personne peut demander l’asile, on va réduire les délais de recours en cas de rejet (…) et on va lui imposer dans l’expression de son récit la possibilité d’être en vidéo-audience devant un juge, donc d'exposer un récit difficile, qui exprime une souffrance, des persécutions, par écran interposé... Comment penser que ce droit d’asile n’est pas un droit d’asile au rabais ?"

Une "machine à expulser". La Cimade dénonce par ailleurs une "machine à expulser" en cas d'entrée en vigueur du projet de loi. "Cette machine s’est déjà affolée ces derniers mois car elle enferme à tout-va, au point qu’on fait le constat que 40% des personnes enfermées ont finalement été libérées par un juge, qui au bout de quelques jours a sanctionné des pratiques illégales et abusives des préfectures", détaille Jean-Claude Mas, dont l’association intervient dans les centres de rétention administratifs pour migrants. Jean-Claude Mas souligne enfin "l'inutilité" de l'allongement de la durée de rétention dans ces centres à 90 jours, prévu par le projet de loi : "D'expérience, si la personne n’est pas expulsée dans les 15 jours, elle ne le sera pas (du tout) car ça veut dire que son pays ne délivrera pas de laisser-passer consulaire qui permet à la préfecture d’expulser."