Lisa Azuelos sur le harcèlement sexuel : "la parole se libère un peu"

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Lisa Azuelos, invité de la matinale d'Europe 1, est revenue sur les révélations de Mediapart accusant Denis Baupin de harcèlement sexuel.

Alors que Denis Baupin est accusé lundi matin, dans un article de Mediapart, de harcèlement par plusieurs femmes , Caroline Roux recevait lundi sur Europe 1 Lisa Azuelos, écrivain, réalisatrice, et présidente de l'association "Ensemble contre la gynophobie". Elle a réagi aux accusations portés contre le vice-président de l'Assemblée nationale et est également revenue sur la création du mot "gynophobie" avant la publication, le 11 mai, d'un recueil de textes écrits par de très grands noms sur les violences faites aux femmes.

La parole se libère. "Je ne peux pas dire que je me félicite (que ces affaires sortent) parce que ce serait ce réjouir de quelque chose qui n'est vraiment pas drôle. En revanche, je pense que la parole se libère un peu sur ces questions là en France", salue-t-elle. "Aux Etats-Unis, cela fait déjà longtemps que la parole est libérée sur ce sujet-là. Nous, nous avons un problème d'espace et de parole publique, nous avons un problème de rapport à la femme. Il est temps que ça sorte", explique-t-elle.

"Avoir le courage de porter plainte". Alors qu'aucune plainte n'a été déposée par les femmes citées par Mediapart, Lisa Azuelos veut encourager les femmes à attaquer en justice. "Je leur dis qu'il faut avoir le courage de porter plainte", encourage-t-elle. "En même temps, j'ai vu énormément de documentaires où des femmes ont porté plainte et dont la vie est encore un enfer. Il faut donc que l'Etat protège correctement la moitié de ses habitants, c'est à dire de ses habitantes sur l'espace public. Que ce soit dans ses commissariats ou auprès de la justice et ce n'est pas le cas pour le moment", regrette-t-elle.

Créer un mot pour qualifier ces violences. Créatrice du mot "gynophobie", Lisa Azuelos explique "qu'il manque un mot pour condamner les violences faites aux femmes". Pour la présidente de l'association "Ensemble contre la gynophobie", "on peut très bien inviter quelqu'un et dire 'tu verras il est un petit peu misogyne mais qu'est ce qu'il est fendard' et ça passe tout à fait, on est d'accord avec ça", déplore-t-elle. "Nous n'avions pas le mot qui fait le même effet que 'j'ai invité un copain, tu vas voir il est un peu raciste, mais qu'est ce qu'il est fendard', d'un coup ça ne passe plus", détaille-t-elle. "Je pense que quand un mot existe, tout à coup ça change les choses et je pense aussi que quand "zlataner" est rentré dans le dictionnaire, gynophobie peut y rentrer aussi", plaisante-t-elle.