L'impact désastreux des températures sur les vignes

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L'impact désastreux des températures sur les vignes
Image d'illustration.@ ERIC FEFERBERG/AFP
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Dans certaines régions françaises, le gel a anéanti les bourgeons. Les viticulteurs sont désabusés.

REPORTAGE

C'est un désastre pour de nombreux vignerons. Avec la baisse des températures en dessous de zéro depuis quelques jours notamment en Bourgogne, dans le Languedoc ou encore en Touraine, les professionnels sont en train de faire le bilan de ce que l'on appelle les gelées noires. Les pertes sont considérables.

"Tout est grillé". Dans la région de Tours, la moitié de la potentielle récolte des 300 vignerons a été détruite par les gelées. En seulement quelques heures, ce sont 20 millions d'euros qui ont été perdus. "Les bourgeons qui étaient tout verts hier soir, sont tout grillés. On a l'impression que quelqu'un est venu avec un lance-flammes pour les brûler", explique Philippe Boucard, président de l’appellation Bourgueil. "Sur cette parcelle là, sur un hectare, si je fais vingt bouteilles ce sera tout. C'est cramé, je n'avais jamais vu ça depuis 1991", poursuit-il. "Voir la plante dans cet état là, ça me donne une sensation physique, j'ai l'impression de m'être fait tapé dessus toute la matinée. Je suis courbaturé, je ne suis pas bien. On est groggy. C'est peut-être la même chose que ressent quelqu'un qui se fait licencier ou qui perd sa maison qui brûle", déplore-t-il.

"L’entreprise est en péril". Pendant la nuit certains ont tenté de protéger leurs vignes avec des systèmes d’aspersion ou de grosses bougies pour réchauffer l'atmosphère, mais les moyens étaient dérisoires. "Sur mes parcelles, c'est gelé à 100%. Je n'ai plus rien dans les vignes, c'est une année qui est anéantie", explique Laurent Erlin, viticulteur dans la région. "Ça va être très, très dur. L'entreprise est en péril et je me pose beaucoup de questions. Qu'est-ce qu'on va faire ? Qu'est-ce qu'on va devenir ? C'est dur", conclut-il désabusé. Pour pouvoir poursuivre son activité et n'étant, comme beaucoup de jeunes viticulteurs, pas assuré, il devra débourser 10.000 euros.