Licenciement polémique d'un patron à Saint-Malo : "que l'État se saisisse du dossier"

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Un groupe américain a renvoyé "en cinq minutes" mardi dernier le patron du "Laboratoire de la mer", pourtant en pleine expansion. Une semaine après, Olivier Bertaud ne comprend toujours pas son licenciement.

Licencié sans ménagement. Olivier Bertaud dirigeait une entreprise de 130 salariés à Saint-Malo, le leader mondial des sprays à base d’eau de mer pour le nez. Une entreprise qui gagne de l’argent, et pourtant... Mardi dernier, le patron de l'entreprise a été licencié sans ménagement. 

"Tout allait bien". "C’était une petite pépite malouine, tout allait bien, nous avions même fait une progression de 35% de notre chiffre d’affaires sur notre début d’exercice 2016. Et soudainement, mardi dernier, deux actionnaires américains arrivent et m’annoncent sans la moindre introduction, la restructuration de l’entreprise, le déplacement de certains services vers l’Irlande et la suppression de mon poste", a raconté l'ancien patron du Laboratoire de la mer sur Europe 1 mardi. 

"Olivier, viens nous aider". "Cela a été un choc, j’ai eu beaucoup de mal à réaliser ce qu’il se passait. J’ai donc demandé des explications pour savoir qui avait pu prendre une telle décision et quelles en étaient les raisons et, on m’a simplement répondu que ce n’était plus mon problème", a expliqué très peiné Olivier Bertaud qui a toutefois pu compter sur le soutien de ses 130 salariés. "Il y a eu une mobilisation incroyable de la part de tous les salariés. Ils ont tout simplement paniqués et ils sont tous sortis de l’entreprise. J’ai commencé à recevoir des dizaines voire des centaines de messages me disant 'Olivier, viens nous aider'", affirme l'ancien patron. Mais Olivier Bertaud a l'ordre de quitter l'entreprise. 

Entendu sur Europe 1
Je mène un combat pour mon équipe

"Des mensonges". Le lendemain alors qu'il tente de revenir pour renouer le dialogue avec les actionnaires, tous les salariés se mettent en grève en signe de soutien. C'est alors que "le groupe américain Perrigo me propose un gros chèque pour aider à faire stopper la grève. Il me propose plusieurs centaines de milliers d’euros", explique Olivier Bertaud qui assure qu'il a les preuves de ces échanges. Mais cette proposition, l'ancien patron du Laboratoire de la mer la refuse. S'en suit un communiqué de l'américain Perrigo qui accuse l’ancien patron du Laboratoire de la mer de "raconter des mensonges". 

Mais peu importe pour Olivier Bertaud, la machine est dorénavant lancée et il ne compte pas s'arrêter là. "Aujourd’hui, je ne mène pas un combat pour Olivier Bertaud, je mène un combat pour mon équipe car j’ai de gros doutes sur les intentions de l’actionnaire. Ce que je demande c’est simplement de pouvoir discuter avec les actionnaires, autres que les mercenaires qui sont actuellement sur place", explique-t-il ainsi. Il réclame même une intervention de l'Etat pour "qu'il se saisisse du dossier et discute avec les actionnaires".