Les musulmans se disent attachés au pays dans lequel ils vivent

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Les musulmans se disent attachés au pays dans lequel ils vivent
IMAGE D'ILLUSTRATION @ RICHARD BOUHET / AFP
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Selon une vaste étude menée en Europe, 76% des musulmans sont "fortement attachés" à leur pays, même s'ils disent souffrir de discrimination, surtout en France.

Trois quarts des musulmans vivant en Europe se disent "attachés" au pays dans lequel ils vivent et témoignent d'un taux élevé de confiance dans les institutions. C'est ce qui ressort d'un vaste sondage mené par l'Agence européenne des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA) et portant sur 10.527 personnes se déclarant de confession musulmane, résidant dans 15 pays de l'Union européenne. Deuxième enseignement de cette étude : plus d'un tiers des musulmans se sentent discriminés en raison de leurs origines, surtout en France.

Les musulmans attachés à leur pays. Selon les résultats de cette étude, 76% des personnes interrogées déclarent se sentir "fortement attachées" au pays dans lequel elles vivent. Sur une échelle de 1 à 5, ce lien apparaît le plus élevé en Finlande, en Suède, au Royaume-Uni, en France, en Belgique et le plus faible en Italie, aux Pays-Bas, en Autriche et en Grèce. Dans deux pays -France et Pays-Bas- le lien est légèrement plus faible chez les enfants d'immigrés musulmans que chez leurs parents.

Les musulmans interrogés témoignent également d'une confiance dans les institutions de leur pays de résidence (système judiciaire, police, parlement) en moyenne plus élevée que dans le reste de la population. Sur ce point, la France se distingue par un taux de confiance dans le système judiciaire et la police plus important chez les immigrés de "première" génération que chez leurs enfants. Ces résultats "décrédibilisent totalement l'affirmation selon laquelle les musulmans ne seraient pas intégrés dans nos sociétés", estime dans le rapport Michael O'Flaherty, le directeur de la FRA, basée à Vienne.

Chaque cas de discrimination freine l'intégration dans la société

Interrogés sur leur rapport à la différence, 48% des musulmans sont "totalement à l'aise" à l'idée d'un mariage d'un membre de leur famille avec quelqu'un d'une autre religion, mais 23% ne se sentent pas à l'aise à l'idée d'avoir des voisins homosexuels ou bisexuels. Un autre volet de l'enquête porte sur les discriminations.

Pays-Bas, France et Italie en tête des discriminations ? Quatre musulmans sur 10 (39%) disent s'être sentis discriminés dans les cinq années précédant l'étude en raison de leurs origines ou leur religion. La recherche de logement, d'emploi sont des domaines fréquemment cités. Quelque 39% des femmes portant le voile ont été confrontées à des "gestes ou des regards" blessants. "Chaque cas de discrimination freine l'intégration dans la société", pointe Michael O'Flaherty.

Pour 27% des musulmans interrogés, cette discrimination a pris la forme d'un acte de "harcèlement". Moins de 10% d'entre eux ont porté plainte ou dénoncé ces faits. Lors d'une précédente enquête européenne de 2008, 10% des musulmans interrogés avaient rapporté une expérience de discrimination liée à la religion. Le taux est de 17% dans l'étude de 2017. Chez les musulmans d'Afrique du nord vivant aux Pays-Bas (49%), en Italie (33%) et en France (31%), les témoignages de discrimination sont plus importants que chez ceux vivant en Espagne (20%). En Allemagne, 18% des Turcs interrogés se sont sentis discriminés au cours de l'année précédente contre la moitié des personnes d'Afrique subsaharienne.