Les habitants de la vallée de l’Arve malades de la pollution

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Trois ministres, dont Nicolas Hulot, se rendent vendredi au pied du Mont-Blanc pour tenter de trouver des solutions à une situation sanitaire catastrophique pour les habitants de la région. 

REPORTAGE

Ce n’est pas un hasard si Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, accompagné de ses collègues Agnès Buzyn (Santé) et Elisabeth Borne (Transports), se rend vendredi dans la vallée de l’Arve pour parler pollution. Depuis plusieurs années, cette région de Haute-Savoie, située au pied du Mont-Blanc, vit dans un air irrespirable, en raison du transit des poids-lourds, de la présence d’usines, et du chauffage au bois. Il y a deux ans, le coup de gueule du docteur Frédéric Champly n’était pas passé inaperçu. En plein pic de pollution, le chef des urgences de l’hôpital de Sallanches avait estimé que l'air de la vallée de l’Arve était "mortel". Et aujourd’hui, les habitants restent inquiets. Car ils sont malades.

"Un certain nombre de décès prématurés". Frédéric Champly n’était d’ailleurs pas très loin de la vérité, confirme Cécile Buvry, médecin généraliste dans la petite ville de Passy depuis 17 ans. "Il n’a pas tort, dans le sens où il y a un certain nombre de décès prématurés qui sont en rapport avec la mauvaise qualité de l’air en vallée de l’Arve", explique-t-elle, interrogée par Europe 1.

"Essentiellement des pathologies cardio-vasculaires". La médecin liste au passage les maladies liées à la mauvaise qualité de l'air. "Ce sont essentiellement des pathologies cardio-vasculaires. Il y a aussi des pathologies respiratoires, bien évidemment, des bronchites chroniques, de l’asthme et puis un certain nombre de cancers pulmonaires qui sont en lien avec la pollution", énumère-t-elle.

Des enfants atteints de tumeurs. Une exposition chronique aux polluants qui serait aussi à l’origine de la tumeur au cerveau de la petite Emilie, neuf ans. Ce sont les médecins qui la suivent qui l’’affirment, raconte Daniel, son père. "C’est le centre Léon-Berard, à Lyon, qui sont spécialistes du cancer", précise-t-il. "Puis il y en a eu douze le même mois et la même année qui ont eu cette tumeur. Pour eux, c’est la pollution." Affaiblie par les chimiothérapies, Emilie ne va plus en classe que le matin. Selon ses parents. Dans son école primaire Saint-Joseph à Sallanches, deux autres enfants souffriraient eux aussi de tumeur au cerveau.