Les conditions d'accueil alarmantes des migrants à Paris

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Le nombre d'arrivées de migrants à Paris est en augmentation depuis quelques semaines. Les associations demandent à ce que de nouveaux dispositifs d'accueil soient créés. 

L'ENQUÊTE DU 8H

Des cabanes et des bâches sont de retour dans le nord de Paris. Ces dernières semaines, les associations ont vu le nombre de migrants doubler dans la capitale. Désormais, ils sont 80 à arriver chaque jour et sont au total près d'un millier à dormir dans des conditions sanitaires préoccupantes aux abords de la Porte de La Chapelle. Avec les violences à Calais, l'incendie du camp de Grande Synthe, Paris est devenue l'unique destination où ils ont espoir d'être accueillis.

"Chaque fois, je dois retourner dormir dans la rue". "A Calais je n'ai eu que des problèmes avec la police qui essaye de nous attraper. Alors je suis venu ici pour essayer de rentrer dans le camp", explique à Europe 1, Ramin, un Afghan de 23 ans qui tente depuis des semaines de passer la porte du centre d'accueil parisien, saturé. "Tous les jours, j'essaye. Et il y a souvent des tensions, les gens qui se battent dans la file d'attente et chaque fois, je dois retourner dans la rue".

400 places occupées en permanence. Le centre parisien ne parvient pas du tout à absorber l'afflux. Les 400 places disponibles sont toutes occupées en permanence et le turnover est beaucoup trop lent. Par exemple, mardi, à peine une trentaine se sont libérées. Et cela n'est possible que lorsque des demandeurs d'asile sont relogés dans les centres d'orientation, les CAO. Pour désengorger, il faudrait d'autres dispositifs d'accueil, ailleurs en France, demandent les associations. Mardi, Anne Hidalgo, la maire de la capitale, a tiré la sonnette d'alarme, s'adressant au gouvernement pour qu'il agisse quelques jours après l'appel de Dany Cohn Bendit, Omar Sy, Romain Goupil et d'autres. 

Créer plusieurs points d'entrée. "Essayons de leur faire des lieux d'accueil par les endroits où ils arrivent, dans le sud de la France, dans l'est", demande Bruno Morel, directeur général D'Emmaüs Solidarité. "Qu'il y ait une solidarité nationale qui joue et que les migrants aient toujours un point d'accueil, un point où se poser, un point d'informations. D'autant plus que l'objectif est de les réorienter sur la France entière, donc autant faire ça de plusieurs points d'entrée".

Cette piste est envisagée par le gouvernement. Emmanuel Macron a d'ailleurs demandé au ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, de plancher sur un plan. L'ouverture de nouveaux centres "fait partie de la réponse", a dit mardi le ministre sans toutefois dévoiler ni leur localisation, ni le calendrier.

De nouvelles d'arrivées. Et l'inquiétude monte face au nombre des arrivées au large de l'Italie : 65.000 depuis le début de l'année. C'est 17% de plus que l'an dernier à la même période. De l'autre côté de la Méditerranée, on estime qu'un million de personnes attendent de pouvoir embarquer vers l'Europe, le long des côtes libyennes.