Les agriculteurs font la grève des déclarations de pénibilité

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Les agriculteurs font la grève des déclarations de pénibilité
@ JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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Objectif : pousser le gouvernement à en repousser l'entrée en vigueur ou lui apporter de nouveaux assouplissements.

C'est un sujet qui alimente de nombreuses conversations dans les allées du Salon de l’agriculture : frappés par la crise de plusieurs de leurs filières, les agriculteurs sont vent debout contre ce qu'ils présentent comme un deuxième péril : l'entrée en vigueur dans leurs exploitations du compte-pénibilité au profit de leurs salariés. Il se murmure que, sans remettre en cause le principe même du dispositif, le gouvernement pourrait lâcher un peu de lest sur le sujet. Pas à l'occasion du Salon, mais d'ici à l'été prochain.

Une mesure "inapplicable" pour la FNSEA. Les dirigeants de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA)  ne se lassent pas de citer l'exemple du cultivateur qui laboure son champ et pour lequel la définition de la pénibilité provenant des vibrations mécaniques du tracteur n'est pas la même selon que le sol labouré est un sol mou ou un sol dur. Sachant qu'il est fréquent que dans une même journée, le tracteur passe plusieurs fois du mou au dur…

Un exemple pour illustrer "l'inapplicabilité", dit la FNSEA, du compte-pénibilité aux exploitations agricoles. Il y a tout juste un mois, le président du syndicat Xavier Beulin a annoncé qu'il donnait la consigne aux employeurs agricoles de faire la grève des déclarations de pénibilité jusqu'au 30 septembre prochain. La FNSEA veut mettre à profit cette période pour faire remonter tous les problèmes que soulève l'application du dispositif dans l'agriculture.

Le casse-tête du gouvernement. Objectif : offrir au gouvernement un bon prétexte pour en repousser l'entrée en vigueur dans les exploitations ou pour lui apporter de nouveaux assouplissements. A en croire certaines sources, le ministère du Travail serait plutôt compréhensif sur ce point. Sauf que s'il lâche du lest pour les agriculteurs, d'autres secteurs comme le bâtiment réclameront immanquablement la même chose. Et là, ce sera une autre histoire.