Le voile, un "asservissement" ? "Pour la plupart des femmes, le voile n'est pas une liberté"

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La sociologue Yolène Dilas-Rocherieux, ancienne membre du Haut Conseil à l'Intégration (HCI), a regretté mardi sur Europe 1 que le voile ne puisse être totalement interdit. 

Yolène Dilas-Rocherieux partage la position de Manuel Valls. Lundi, le Premier ministre avait estimé lors d'une table ronde sur l'islamisme et le populisme que "le voile est un asservissement pour la femme". "J'ai encore entendu ce matin dire que le voile relève de la liberté, c'est faux", lance sur Europe 1 la sociologue et membre du comité laïcité du HCI entre 2010 et 2012.

"Pas le choix", dans certains quartiers. Appuyant les propos de Manuel Valls elle estime que le port du voile est au contraire subi par les femmes. "Le voile relève d'un interdit qui porte sur le corps de la femme, considéré comme le lieu de tous les maux de la société. Il suffit de faire un peu de terrain en France pour savoir que le voile pour la plupart des femmes n'est pas une liberté. Dans certains quartiers elles n'ont pas le choix", regrette Yolène Dilas-Rocherieux. Cette pression subie serait bien aussi imposée par les femmes elles-mêmes, explique-t-elle : "Je connais une femme tunisienne qui met le voile en France et pas dans son pays, parce que sinon ses voisines lui disent 'tu es une mauvaise musulmane'". 

"Enseigner la laïcité" pour le faire disparaître. Pour mettre fin à cet "asservissement", la sociologue également enseignante à l'université de Nanterre aimerait que le voile puisse être totalement interdit. "J'aimerais qu'il disparaisse, mais c'est impossible. On ne va pas mettre un policier derrière chaque femme", reconnaît Yolène Dilas-Rocherieux. La solution réside pour elle dans l'enseignement : "on peut à l'école enseigner la laïcité, enseigner l'égalité homme-femme. On peut dire ce qu'il signifie le voile, il faut le dénoncer".