Le "violeur des balcons" devant les assises d'Avignon : "Il assume sa responsabilité"

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Le "violeur des balcons" devant les assises d'Avignon : "Il assume sa responsabilité"
Ce père de famille pourrait passer vingt ans derrière les barreaux.@ AFP
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À partir de lundi s'ouvre le procès d'un homme qui s'introduisait chez ses victimes, profitant des fenêtres laissées ouvertes les nuits de canicule, pour les violer.

On l'a surnommé "le violeur des balcons". Abdelhamid Zouhari, 35 ans, père de famille et sans casier judiciaire, comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises d'Avignon pour le viol de six femmes et quatre tentatives. Les faits se sont déroulés dans le sud de la France (entre Avignon, Aix-en-Provence et Sorgues, dans le Vaucluse), pendant deux ans, souvent par plus de 30°, quand les fenêtres s’entrouvrent la nuit pour espérer un brin de fraîcheur.

Dialoguer, violer, désinfecter. Trois victimes ont eu la force de faire le déplacement pour assister à l'audience, et se confronter au visage de cet homme qu'elles voient pour la première fois, puisqu'il agissait cagoulé. Les autres ont choisi de ne pas se rendre au procès, car le traumatisme est toujours présent ; celui d'être réveillée dans sa chambre par un homme qui tente, par de vaines paroles, d'obtenir des faveurs sexuelles. C'était la spécificité de cet agresseur : dialoguer, poser des questions pour essayer d'installer un climat de confiance. Une fois le viol commis, il imposait ensuite à ses victimes de laver de fond en comble leur appartement à l'eau de javel.

Incapables de retrouver le sommeil. Lundi matin, Abdelhamid Zouari s'est tenu debout devant ses victimes, en chemise blanche et veste et pantalon sombres. "L'arrivée de l'accusé dans la salle a généré quelques larmes silencieuses de la part de certaines victimes", atteste Me Marc Geiger, avocat de l'une des victimes. Aujourd'hui, la plupart de ses victimes ont encore peur de se faire agresser pendant qu'elles dorment. "On n'a pas idée de l'importance du préjudice et des souffrances subis par ces femmes. Elles passent une demi-heure à une heure tous les soirs à vérifier que chaque porte, chaque fenêtre, chaque vasistas est bien fermé. Et ce n'est pas ça qui leur donne un sommeil tranquille", souligne le conseil. Toutes ont déménagé de leur logement depuis le viol ou la tentative de viol qu'elles ont subi.

Jusqu'à 20 ans de prison. Pourquoi cet homme, séparé de sa femme et agent de maîtrise dans une grande entreprise, a-t-il agi ainsi ? D'après les experts, Abdelhamid Zouhari souffre d'un sentiment de solitude et de frustration. Selon son avocat, l'accusé n'a aujourd'hui qu'un seul objectif : "S'expliquer, tout dire et tout reconnaître. Il revendique et assume sa responsabilité. Il n'est pas dans une situation de faux-fuyant", assure Me Patrick Gontard au micro d'Europe 1.

Ce ne sont pas tant ses explications qui intéressent les victimes, mais davantage le souhait que leur agresseur soit mis hors d'état de nuire. Il risque 20 ans de prison.