Le Syndicat de la Magistrature dénonce le "mépris" et les "menaces" envers la justice

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Le Syndicat de la Magistrature dénonce le "mépris" et les "menaces" envers la justice
Le Syndicat de la Magistrature dénonce les propos de Marine Le Pen et François Fillon.@ PHILIPPE MERLE / AFP
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Faisant écho aux propos de François Fillon ou Marine Le Pen sur la justice, le Syndicat de la Magistrature a dénoncé des "manœuvres de déstabilisation".

"Mépris", "menaces", le Syndicat de la Magistrature (SM, gauche) a dénoncé lundi "les manœuvres de déstabilisation de la justice", faisant notamment référence à des propos des candidats François Fillon et Marine Le Pen, pris dans des affaires à quelques semaines de la présidentielle. "Rétifs à l'égalité devant la loi, certains membres de la classe politique prétendent se construire une immunité pénale et c'est par l'intimidation qu'ils veulent l'imposer", s'est indigné le syndicat dans un communiqué, en référence à la candidate Front national (FN).

"Au mépris s'ajoutent des menaces édifiantes". Convoquée mercredi pour être entendue par les enquêteurs dans l'affaire des assistants d'eurodéputés de son mouvement, Marine Le Pen a refusé de s'y rendre. Et dans un discours virulent prononcé dimanche à Nantes, la présidente du FN a appelé les magistrats à "ne pas contrecarrer la volonté du peuple". "Au mépris affiché pour la justice viennent de s'ajouter des menaces édifiantes : après avoir refusé de se rendre à sa convocation, Marine Le Pen promet, si elle accédait au pouvoir, de demander des comptes aux policiers et aux juges en guise de représailles", a souligné le SM. 

"La loi est la même pour tous". "Que l'autorité judiciaire ose faire son travail, enquêter sur les infractions à la loi pénale qui lui ont été dénoncées, constitue pour eux un crime de lèse-candidat", a continué le SM dans son communiqué. Les avocats de François Fillon avaient estimé que le Parquet national financier (PNF), qui a ouvert une enquête préliminaire il y a un mois et a confié vendredi les investigations à trois juges d'instruction sur des soupçons d'emplois fictifs visant la famille du candidat, n'était pas compétent et agissait en violation du principe de séparation des pouvoirs. Rappelant que "la loi est la même pour tous" et que "la séparation des pouvoirs n'est pas l'impunité organisée au profit des élus et de ceux qui aspirent à l'être", le Syndicat de la Magistrature a appelé à ce que cessent "ces attaques délétères contre la justice".