Le Petit Cambodge, totalement refait, rouvre ses portes dans la discrétion

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Quatre mois après les attentats de Paris, le restaurant Le petit Cambodge rouvre ses portes lundi soir.

REPORTAGE

La vie continue. Quatre mois après les attentats de Paris, le restaurant Le Petit Cambodge rouvre ses portes lundi soir à 18h30. Dans le restaurant, on se prépare à lever de nouveau le rideau, quatre mois presque jour pour jour après ce terrible 13 novembre. Vers 21h25, à l’angle des rues Bichat et Alibert dans le Xe arrondissement, les terroristes avaient fait 15 morts.  

Tout a changé. L'intérieur du restaurant est méconnaissable. Le mobilier a été renouvelé, le sol changé et les peintures refaites. Dans la salle, un bouddha khmer veille sur le restaurant et ses clients. Les propriétaires ne veulent pas faire de cette réouverture un événement. Les voisins ont d'ailleurs peu d'informations et seul le retrait des centaines de fleurs disposées devant le restaurant peut laisser penser que quelque chose se prépare. Une habitante du quartier, croisée non loin du restaurant ne s'y attendait pas. "Je suis super surprise que ça rouvre. On revoit les images et c'est un peu dur, mais en même temps c'est une victoire que le quartier redevienne vivant".

Entendu sur Europe 1
On a tendance à se dire que c'est l'endroit le plus sûr de Paris maintenant

"On y pense". En face, au Carillon, la vie a déjà repris depuis mi-janvier. Mais malgré les premiers rayons du printemps, le patron concède amèrement que la foule des "bobos" parisiens ne s'amasse plus sur la terrasse comme avant. Les clients qui sont restés fidèles à l'établissement habitent ou travaillent dans le quartier, mais n'ont pas oublié pour autant : "j'ai pris mon café là ce matin, alors oui, on y pense chaque fois mais on a tendance à ce dire que si ça arrive une fois dans un endroit, la probabilité que ça arrive une deuxième fois est quand même hyper mince", explique une habituée. "On a tendance à se dire que c'est l'endroit le plus sûr de Paris maintenant", ajoute-t-elle en esquissant un sourire. 

Dans ce quartier populaire, près du canal Saint-Martin, les jeunes qui "tenaient le mur" ont repris leur place. Ils cohabitent désormais avec des patrouilles de police plus fréquentes et devenues presque permanentes.