Le mouvement "Nuit debout" a-t-il dépassé les bornes ?

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Des débordements ont éclaté à plusieurs reprises en marge du mouvement Nuit debout qui se tient place de la République depuis plus de 15 jours maintenant. Alors cette mobilisation va-t-elle trop loin ?

LE DÉBAT

"Les violences ne sont pas le fait de Nuit debout". Le mouvement "Nuit debout" a-t-il franchi les limites ? Le week-end dernier a été marqué par l’expulsion du philosophe et académicien Alain Finkielkraut de la place de la République par des manifestants. Des militants ont également réussi à s’infiltrer dans l’émission de Laurent Ruquier samedi soir pour siffler le président du Medef, Pierre Gattaz. Et cela sans compter les heurts avec les policiers, les débordements et les dégradations en marge de "Nuit debout" qui ont lieu depuis plusieurs jours. Ces événements sont-ils en train de ternir l’image de "Nuit debout" qui se déploie depuis plus de 15 jours sur la place de la République ? Pour l'avocate Raquel Garrido, invitée d'Europe 1 lundi, "il ne faut pas tout confondre car ces violences ne sont pas le fait de Nuit debout mais des manifestations autour".

"Prendre place". Selon l'auteure du Guide Citoyen de la 6ème République, "Nuit debout est un mouvement d’une nature différente. L’aspect novateur de ce mouvement est de prendre place, comme cela a pu être fait place Tahrir en Egypte par exemple. Sur la place, je ne constate pas de débordements, au contraire, il y a même une commission qui s’appelle 'accueil et sérénité' qui a par exemple évacué dans le calme des militants d’extrême droite de la place ou protégé Alain Finkielkraut ce week-end". 

"Nuit debout est de l'anti-démocratie". Laurent Jacobelli, le Secrétaire général adjoint de Debout la France, également invité d’Europe 1 lundi, pense lui que ce mouvement va trop loin. "Nuit debout est de l’anti-démocratie" selon lui et, de ce fait, "il faut libérer la place, au moins la nuit car il y a d’autres manières de faire aboutir les idées de cette jeunesse". Mais l'évacuation de la place est inenvisageable pour Raquel Garrido qui précise même que, "les manifestants resteront le temps qu’il faudra". D'autant que selon elle, "il n’y a rien d’illégal. Chaque jour, une demande est déposée à la Préfecture pour se rassembler sur la place de la République. Et penser qu’un rassemblement comme "Nuit debout" nuit à la sécurité de Paris, c’est complètement stupide".