Le Défenseur des droits pointe la situation "préoccupante" des mineurs isolés de Calais

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Le Défenseur des droits pointe la situation "préoccupante" des mineurs isolés de Calais
Au 31 mars, 310 mineurs non accompagnés ont été recensés dans la "jungle" de Calais.@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Le Défenseur des droits Jacques Toubon a souligné mercredi la "situation préoccupante" des mineurs migrants non accompagnés dans la région de Calais.

"Les mineurs non accompagnés présents à Calais ne sont aujourd'hui, pour la grande majorité d'entre eux, pas protégés. Et en situation de très grande vulnérabilité", écrit le Défenseur des droits Jacques Toubon dans une série de recommandations, mercredi, évoquant des "conditions de vie extrêmement misérables".

"Un enjeu de nature exceptionnelle". S'il salue les engagements des pouvoirs publics pour tenter d'améliorer les choses, il estime que "la situation exceptionnelle des enfants exilés non accompagnés dans le Calaisis implique des réponses à la hauteur de ces enjeux". Leur protection "constitue un enjeu de nature exceptionnelle qui relève de la responsabilité partagée de l'Etat et du département, et par conséquent les appelle à une solidarité concertée", insiste-t-il.

310 mineurs non accompagnés recensés. Au 31 mars, 310 mineurs non accompagnés ont été recensés. Mais "l'ensemble des acteurs rencontrés s'accordent sur le constat de l'insaisissabilité de la plupart des mineurs identifiés, donc sur les difficultés à suivre leur évolution et par suite de les protéger", remarque le Défenseur des droits. Il prône notamment des maraudes spécifiques pour "parvenir à stabiliser les mineurs identifiés afin de pouvoir les suivre et mener une véritable action éducative à leur profit, dans le but d'assurer leur protection effective".

"Le droit à l'éducation est encore loin d'être assuré". Par ailleurs, "le dispositif actuel de mise à l'abri ne tient pas compte de la spécificité des mineurs non accompagnés du Calaisis". Jacques Toubon regrette un manque de "surveillance et de suivi adaptés" dans le centre d'accueil provisoire ouvert le 11 janvier, en évoquant une "grave agression de nature sexuelle de la part d'adultes". Malgré les mises à l'abri d'enfants et l'augmentation du nombre de places d'accueil pour les enfants avec parents, le Défenseur des droits "déplore que le droit à l'éducation soit encore loin d'être assuré" et rappelle que la scolarisation doit se faire "au sein des écoles de la République".

Regroupements familiaux. Il recommande également au ministère de l'Intérieur "de poursuivre les démarches engagées avec l'Etat britannique afin de faciliter les réunifications familiales". Dans ce cadre, quatre mineurs syriens ont quitté mardi la "Jungle" de Calais, où ils vivaient seuls, pour rejoindre leurs familles en Grande-Bretagne, portant à seize le nombre de ces départs depuis fin mars.