Sans-abris : opération surprise du DAL pour réquisitionner le Val de Grâce

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Des militants du Droit au Logement ont pénétré dans l'ancien hôpital militaire du Val de Grâce samedi, pour demander sa réquisition par l'Etat pour accueillir des sans-abris.

Emmanuel Macron avait dit ne plus vouloir "d’ici la fin de l’année, des femmes et des hommes dans la rue". L’association Droit au Logement (DAL) a mené samedi 30 décembre une opération surprise à l’ancien hôpital militaire du Val de Grâce, à Paris, pour rappeler au président son engagement. Environ 150 personnes ont pénétré dans la cour de l’ancien hôpital militaire désaffecté et vide depuis un an.

"Des situations d'insalubrité graves". Les militants du DAL ont pris position sur les marches du perron de ce bâtiment, fermé depuis 2016. "On veut marquer le coup car c’est très important. On est en plein hiver, il y a énormément de bâtiments vides comme celui-là. Ça veut dire qu’il y a des milliers de lits chauffés, avec de l’eau courante, prêts à l’emploi, qui seraient en capacité d’héberger les sans-abris et les mal-logés qui sont à l’hôtel, mais on les laisse courir dehors ou dans des situations d’insalubrité graves", a protesté au micro d’Europe 1 Éric, militant au DAL.

Le 115 est saturé

C’est le cas de Sambou, un père de famille d’une cinquantaine d’années qui s’est retrouvé à la rue avec ses trois enfants après un problème avec son bailleur, explique-t-il à Europe 1. "Ils ont refusé de nous reloger. On dormait dans le camion d’un copain en attendant que le 115 puisse nous prendre. On nous a envoyé dans un hôtel, on ne sait pas combien de temps ça va prendre, le 115 est saturé", témoigne-t-il.

Loger les sans-abris dans le bâtiment vide. Avec un Samu Social saturé, le Droit au Logement demande que le Val de Grâce devienne un centre d’accueil d’urgence pour les sans-abris et les mal-logés. Emmanuel Macron doit "en tant que chef des armées, demander à l'armée de mettre cet hôpital militaire à la disposition des sans-abris", a déclaré sur place le porte-parole du DAL Jean-Baptiste Eyraud. Mais le décideur reste l’Etat, propriétaire du bâtiment mis en vente. Alors pour continuer à mettre la pression sur l’exécutif, les militants ont prévu de revenir manifester devant le bâtiment vide lundi.