Le Consistoire de Marseille "incite" les juifs à enlever la kippa

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Le Consistoire de Marseille "incite" les juifs à enlever la kippa
Zvi Ammar devant le lieu de l'agression antisémite à Marseille, lundi.@ BERTRAND LANGLOIS / AFP
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Le Consistoire israélite de Marseille a encouragé, mardi, les juifs de la ville à ne pas porter leur kippa, au lendemain de l'agression d'un enseignant.

Climat de peur dans la communauté juive marseillaise. Le président du Consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, a "incité" mardi les juifs de la ville à "enlever la kippa dans cette période trouble, jusqu'à des jours meilleurs", au lendemain de l'agression à la machette d'un professeur juif.


>> Mis à jour à 18h52. Le grand rabbin de France et le Crif se sont opposés à l'abandon provisoire du port de la kippa à Marseille, voulu par Zvi Ammar.

"Pas le choix". "Aujourd'hui, devant la gravité des événements (...) il faut prendre des décisions exceptionnelles, et, pour moi, la vie est plus sacrée que tout autre critère", a déclaré Zvi Ammar. Aujourd'hui, "on est obligé de se cacher un petit peu", a déploré Zvi Ammar, qui dit n'avoir "pas le choix" et que cet appel lui fait "mal au ventre". "Malheureusement pour nous, on est ciblés : dès qu'on est identifiés, qu'on est juifs, on peut être agressés et même risquer la mort. Là, on a franchi un pas d'une extrême gravité", a ajouté ce responsable communautaire.

La communauté juive déjà protégée. L'État fait "tout pour nous assurer le maximum de protection", a tenu à souligner Zvi Ammar, mais "on ne peut pas demander plus. On ne va pas mettre un policier, un gendarme ou un militaire derrière chaque juif". La communauté juive de Marseille compte quelque 70.000 membres sur une population de 855.000 habitants, selon le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ce qui en fait la deuxième plus importante de France, derrière Paris et sa région, et une des plus nombreuses d'Europe également.

Vivre "normalement" ? Interrogée sur la décision du président du consistoire, la présidente régionale du Crif, Michèle Teboul a dit penser que "sur le plan personnel, (...) il faut vivre normalement". "Mais je ne peux pas ne pas me plier (à cette décision) si c'est pour assurer la sécurité des juifs", a-t-elle ajouté.