La nouvelle méthode d'entraînement au tir de la police nationale vue de l'intérieur

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Grâce à EVA (entraînement vidéo assisté), la police peut désormais s'entraîner au tir sur des cibles mouvantes pour se rapprocher de la réalité. Europe 1 a eu l'occasion d'assister à une séance.

REPORTAGE

C'est une petite révolution pour la police nationale. Oubliées les traditionnelles silhouettes en carton pour l'entraînement au tir. Désormais, les policiers tirent sur un mur en papier sur lequel est projetée une séquence vidéo. Cette invention, baptisée EVA pour entraînement vidéo assisté, permet aux forces de l'ordre de s'entraîner au tir sur des cibles mouvantes, ce qui est bien plus proche de la réalité. Au fond de la salle de tir, le grand écran de papier blanc donne l'impression aux deux policiers à l'entraînement de patrouiller près de la Tour Eiffel. Soudain, un homme armé surgit à l'image. "Jette ton arme ! Regarde-moi !", s'écrie un policier, avant que les coups de feu retentissent.

"Ça change tout." Cette invention est l'oeuvre d'un policier parisien, le major Pascal Tran. "Ça fait de nombreuses années que j'entraîne les fonctionnaires de police avec des cibles en papier et je me suis dit qu'il était possible, avec la vidéoprojection, d'innover en apportant du réalisme d'agression armée", explique-t-il. "Ça change tout parce que le réalisme fait que les policiers doivent surtout analyser ce qui se passe." Plongés dans une centaine de situations proches de leur quotidien (cage d'escalier, commissariat, rame de métro…), les policiers doivent faire preuve de discernement. Ils doivent s'adresser au suspect qui apparaît à l'image, donner des injonctions. Ils peuvent aussi s'entraîner à plusieurs, se coordonner face à une séquence qui présente des tireurs multiples. Le moniteur peut ensuite relever les impacts des tirs dans l'écran de papier blanc et voir si le tireur a bien touché sa cible ou fait une victime collatérale présente sur l'image, par exemple. 

Évaluer la situation avant de tirer. Lors de l'exercice, le policier doit aussi évaluer à quel moment tirer ou ne pas tirer, s’il est en situation de légitime défense ou non. "Là, vous avez des individus qui vont avoir un comportement crédible, réel et c'est au policier de s'adapter et de prendre la décision de tirer ou de ne pas tirer en fonction de ce qui lui est proposé", explique le capitaine Pierre Puente, chef de la division des techniques d’intervention au service de formation de la Préfecture de police.

Une quinzaine de stands déjà équipés. Tous les policiers ont l’obligation d’effectuer au moins trois séances d’entraînement au tir par an sur des cibles traditionnelles. Le nouveau système ne remplace pas ces séances qui restent obligatoires, mais il est proposé en parallèle aux policiers. EVA équipe déjà une quinzaine de stands de tir de la police à Paris et dans les trois départements de la petite couronne. La direction centrale du recrutement et de la formation a décidé de le généraliser à toute la France dans les prochains mois. Ce système pourra aussi être testé par le public lors des journées du patrimoine, à la Préfecture de police, avec des armes de type air soft.