La mort de Marina est "un échec"

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La mort de Marina est "un échec"
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Le conseil général de la Sarthe a reconnu mardi que la mort de Marina était un "échec" pour ses services sociaux.

"C'est une situation d'échec que cette enfant soit décédée, on ne peut se satisfaire de cette situation, on va évaluer les modalités d'intervention pour voir comment améliorer la prise en charge des situations et la coordination des différents services", a déclaré mardi le directeur général des services du conseil général, Claude Faucher.

Marina, dont le corps a été retrouvé vendredi, coulé dans du béton par son père, a vécu un véritable calvaire durant ses huit années d'existence. Elle a vraisemblablement été battue avec les poings, avant d'être mise au congélateur. Les enquêteurs n'excluent pas qu'elle ait été encore vivante à ce moment-là. Les résultats de l'autopsie permettront d'en savoir plus.

Mais la mort de l'enfant suscite des questions. Marina avait pourtant été signalée à plusieurs reprises par des directeurs d'école et des élus en raison des nombreuses marques de maltraitance sur son corps et de son comportement : affamée, elle se jetait sur le goûter de ses camarades. La famille a déménagé cinq fois en deux ans dans la Sarthe. Mais la cellule du Conseil général chargée des enfants en danger, qui a enquêté pendant deux mois, tout comme la procureure du Mans, n'ont pas donné suite, les marques ayant été attribuées à des incidents domestiques.

La procureure du Mans, Joëlle Rieutort, se refuse à parler de "dysfonctionnement" :


"Marina n'exprimait pas" de maltraitance, plaide de son côté Dominique Le Clerc, directeur général adjoint chargé de la Solidarité au Conseil général de la Sarthe, qui rejette également tout mauvais fonctionnement de ses services :

La présidente de la Voix de l'enfant, Martine Brousse, rejette cet argumentaire et s'indigne d'entendre la procureur ou le travailleur social plaider concernant Marina : "Elle ne nous a rien dit" :

Depuis 20 ans, "qu'est-ce qu'on a fait pour libérer la voix de l'enfant ?", dénonce Martine Brousse, qui déplore que la France fasse la politique de l'autruche en matière de maltraitance d'enfant. Alors que certains pays tentent de chiffrer le fléau, la France ne mène aucune étude. "Je pense qu'on ne veut pas connaître la réalité et la vérité", dit Martine Brousse.

>> Réécoutez l'intégralité de l'interview de Martine Brousse.

>> Marina : les aveux des parents