La France et les OGM : où en est-on?

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La France et les OGM : où en est-on?
En Europe, le maïs MON810 est cultivé dans cinq pays. @ JEAN-PIERRE MULLER / AFP
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La France interdit la culture des OGM sur son territoire depuis 2008. Mais des denrées alimentaires génétiquement modifiées peuvent tout de même être importées en France.

Le Conseil d'Etat a annulé vendredi une interdiction du maïs MON810 de Monsanto remontant à 2014. Mais cette mesure réclamée par les producteurs restera sans effet, en raison d'un changement de politique à Bruxelles. En mars dernier, la Commission européenne a en effet autorisé aux Etats membres qui en font la demande à abandonner la culture sur son sol du maïs transgénique. Quelle-est la situation en France ?

Cultive-t-on des OGM en France? Non. La France interdit la culture du seul organisme génétiquement modifié (OGM) autorisé en Europe : le maïs MON810 de Monsanto. 

En Europe, le MON810 est cultivé dans cinq pays. Cette culture représentait, en 2015, 107.000 hectares en Espagne, 8000 hectares au Portugal, 104.000 hectares en Slovaquie et quelques parcelles en République Tchèque et en Roumanie, selon les chiffres de l’Isaa, le Service international pour l'acquisition d'applications agricoles biotechnologiques.

Peut-on consommer des OGM en France ? L’importation des OGM se décide à l’échelle de l’Union européenne. C’est donc l’Europe qui autorise la mise sur le marché de tel ou tel produit et cela est valable sur l'ensemble du territoire et donc en France. Aujourd'hui, plus de 70 denrées alimentaires et aliments pour animaux génétiquement modifiés sont autorisés dans l’Union européenne, dont 19 été autorisés en avril 2015 : du maïs, du soja, du colza, du coton et des betteraves sucrières  ont 

Qu’est-ce-que cela représente ? La plupart des OGM importés dans l’UE servent à l’alimentation animale. En 2013, 36 millions de tonnes de soja ont été utilisées pour nourrir le bétail dans l'Union européenne, dont seulement 1,4 million de tonnes d'organismes non génétiquement modifiés produits au sein de l'Union européenne, détaille le Parlement Européen.

La présence d'OGM dans un plat destiné aux humains doit apparaître sur l'étiquette du produit lorsque la teneur dépasse 0,9% de la denrée. En Europe, cela concernerait environ une trentaine de plats. "Toutefois les produits issus d’animaux nourris aux OGM ne sont pas étiquetés", pointe l’association Infogm.org. Selon elle, les Français consomment donc indirectement des OGM.