La famille du chef d'entreprise décapité en Isère s'estime oubliée

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La famille du chef d'entreprise décapité en Isère s'estime oubliée
@ AFP
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La veuve du chef d'entreprise regrette que son mari n'ait pas été décoré de la Légion d'honneur. 

Un cri du cœur contre l'oubli. La famille du chef d'entreprise décapité en juin à Saint-Quentin-Fallavier, en Isère, a le sentiment d'être oubliée. "Mon mari est mort pour une cause qui n'est pas la nôtre. Quand on écoute les hommages, on a la sensation d'être oubliés", se désole Laurence Cornara, la veuve du chef d'entreprise dans une interview à paraître mercredi dans le quotidien Le Progrès. "On parle des attentats de Charlie, de l'Hyper Cacher, de ceux du 13 novembre, mais les autres ? Saint-Quentin, la Tunisie ?", ajoute-t-elle.

Le fils déplore l'absence de son père sur la dernière promotion de la Légion d'honneur. La famille de la victime regrette également que la victime n'ait pas été décorée de la Légion d'honneur à l'instar des victimes des tueries de Paris. Le fils d'Hervé Cornara s'est lui aussi ému auprès de RTL que son père ne figure pas dans la dernière promotion de la Légion d'honneur. "Mon père n'est pas sur cette liste alors que c'est une victime comme les autres. C'est quand même le premier homme à se faire décapiter sur le sol français, et je trouve que c'est quand même un événement qui est aussi grave que les autres", a-t-il dénoncé.

Un différend professionnel, selon Yassin Salhi. Chef d'entreprise dans le transport implanté dans la banlieue lyonnaise, Hervé Cornara a été tué par l'un de ses employés radicalisés Yassin Salhi, qui s'est suicidé dans sa cellule de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, le 22 décembre.  Il avait avoué les faits commis le 26 juin 2015. Après avoir tué puis décapité son patron, Yassin Salhi avait placé sa tête sur le grillage d'un site de gaz industriels et l'avait entourée de drapeaux djihadistes avec la profession de foi musulmane. A l'inverse de Mohamed Merah, des frères Kouachi, d'Amédy Coulibaly ou des djihadistes qui ont frappé Paris en novembre, Salhi a toujours contesté toute motivation islamiste, invoquant un différend professionnel avec son patron.