La condamnation de Francis Heaulme ne referme pas les plaies des familles de victimes

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La cour d'assises de la Moselle a condamné mercredi le tueur en série Francis Heaulme à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de deux enfants en 1986, malgré l'absence d'aveux et de preuves dans ce dossier hors norme.

Francis Heaulme n'a pas cillé dans le box à l'annonce du verdict mercredi soir : sa condamnation à la réclusion à perpétuité pour les meurtres de deux garçons, Cyril Beining et Alexandre Beckrich, en 1986, à Montigny-lès-Metz. Les familles non plus. Elles étaient comme sonnées par cette vérité judiciaire qu'elles n'attendaient plus et qui continue de les diviser.

"Maintenant, je sais qui a tué mon fils". Chantal Beining, la mère d'un des deux enfants tués, a fini par écraser une larme. C'est elle qui a lutté pour que ce procès Heaulme ait lieu. "C'est très lourd en émotion. Elle m'a dit, 'maintenant je sais qui a tué mon fils'. Et je pense que tous ceux qui ont assisté à ce procès ne s'autoriseront plus à dire que c'est un coupable de substitution", a commenté mercredi soir son avocate Me Boh Petit.

"La décision n'est pas accrochée par des preuves". Pourtant, sur le banc d'en face, les parents Beckrich restent accrochés à la culpabilité de Patrick Dils, qui avait été condamné en 1989 pour ce double meurtre avant d'être acquitté quinze ans plus tard. Pour l'un de leur représentant, Me Rondu, ce verdict est insatisfaisant : "Ce n'est pas une décision qui est accrochée par des preuves, par des éléments vraiment matériels donc ce n'est qu'une intime conviction, comme il y en a eu quatre (lors de précédents procès). C'est difficile de se dire que l'on est soulagé."

Des plaies vives. 30 ans après, les plaies sont encore vives et les errements de la justice ne cessent de les rouvrir. Francis Heaulme a déjà annoncé son intention de faire appel. Les familles qui n'en attendent plus rien on déjà prévenu, elles n'iront pas à ce nouveau procès.