L’AVC n’est pas une fatalité

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L’AVC n’est pas une fatalité
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L’accident vasculaire cérébral, troisième cause de mortalité en France, pourrait être mieux prévenu et mieux pris en charge.

Chaque année,130.000 personnes sont victimes d’un AVC. Troisième cause de décès en France, l’accident vasculaire cardiaque reste pourtant mal connu et surtout mal pris en charge. Tel est le constat du rapport présenté vendredi à Poitiers par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot et le Dr Elisabeth Fery-Lemonnier, qui a coordonné les travaux du comité de pilotage sur les AVC mis en place en novembre 2008.

Dressant un état des lieux inquiétant, le rapport recommande de développer la prévention et l'information. D'une part pour réduire les facteurs de risque – hypertension artérielle, mauvaise alimentation, alcool, tabac, etc. D'autre part pour réduire la mortalité et les séquelles de la maladie par une prise en charge accélérée et améliorée.

"L'information du public sur l'appel au Centre 15 pour toute personne suspecte d'AVC doit être renforcée", explique le rapport. L'AVC est en effet une urgence, au même titre que l'infarctus. A l'heure actuelle, moins de la moitié des patients sont régulés par le Centre 15, ce qui entraîne une perte de temps et de chance de s’en sortir.

Lorsque l'AVC est d'origine ischémique – c'est-à-dire lorsqu'un vaisseau se bouche, à la différence d’un AVC d’origine hémorragique, lorsqu’un vaisseau sanguin de rompt –, un traitement médicamenteux (appelé thrombolyse) doit être administré dans les trois heures. Or, "environ 1% des patients bénéficient actuellement d'une thrombolyse, alors qu'ils pourraient être au moins 15%", déplore le rapport.

La France manque toujours, en dépit d’importants efforts récents, d’unités neuro-vasculaires (UNV), qui réunissent des équipes spécialisées. On comptait 21 UNV en 2005, 33 en 2007 et 77 en février 2009 pour une "cible" de 140 à atteindre selon les spécialistes en neurologie. Fin 2008, "20% seulement de l'ensemble des patients victimes d'AVC" étaient hospitalisés en UNV, avec d’importantes inégalités d’accès selon les régions – de 8 à 33%.

Paralysie ou engourdissement brutal d'un côté du corps, difficultés soudaines à parler ou à comprendre sont autant de signes qui doivent alerter. Première cause de handicap acquis de l'adulte, l’AVC n’est cependant "plus, comme autrefois, une fatalité ne méritant que la compassion, mais une pathologie qui se soigne", souligne le rapport.