Jungle de Calais : "On ne sait pas où aller"

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La destruction des cabanes devrait commencer dans la journée de vendredi. S'il n'y a pas de résistance, il ne devrait pas être fait appel aux forces de l'ordre.

REPORTAGE

L'évacuation d'une partie de la jungle de Calais aura bien lieu. Jeudi, le tribunal administratif a donné son feu vert à la préfecture. Selon les autorités, un millier de migrants sont concernés. Le chiffre est contredit par les associations qui avancent plutôt la présence de 3.500 personnes. Le gouvernement assure qu'il n'y aura pas d'évacuation brutale. Sur place, la nouvelle de l'évacuation a été prise avec un certain fatalisme.

"Tristes". Dans la rue principale des bidonvilles, les commerces et les boutiques sont condamnés. Un migrant qui avait installé ici un café depuis six mois témoigne au micro d'Europe 1 : "ici au café, ils dépensaient beaucoup d'argent mais là, ils vont détruire la jungle, nous sommes tous tristes. On ne sait pas où aller. On n'a pas d'argent ni de maison. On ne sait pas quoi faire." Seule consolation, l'engagement de la préfecture de préserver les lieux de vie, comme l'école laïque, où Virginie est bénévole. "La vie continue, on s'adaptera. L'école restera un lieu de vie quoi qu'il arrive. C'est essentiel, c'est l'accès à l'éducation, ce qui rend libre, ce qui permet de garder la dignité humaine."

Trois à quatre semaines. Au fur et à mesure que les migrants accepteront des solutions d'accueil et de mise à l'abri, leurs cabanes seront détruites dès ce vendredi. Un militant espère que cela se fera sans violence. "Si on arrive à solutionner le cas par cas, je pense que les choses peuvent bien se passer. Maintenant, je ne sais pas comment ils vont réagir, on va casser leur maison, c'est violent comme geste. S'il n'y a pas de solutions proposées, c'est évident que cela ne va pas être simple pour tout le monde." La préfecture estime entre trois et quatre semaines le temps nécessaire pour démanteler la zone sud de la jungle. Sans résistance, il ne devrait pas y avoir de recours aux forces de l'ordre.