Jean Abitbol : "On n'a pas qu'une seule voix"

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Sur Europe 1, Jean Abitbol, chirurgien ORL et phoniatre, a expliqué l'importance de la voix dans une société comme la nôtre, où la communication est au centre de tout.

INTERVIEW

Et si la voix était plus importante que les mots ? Dans Il n'y en a pas deux comme elle, Jean Abitbol, chirurgien ORL et phoniatre, a défendu le fait que la voix véhiculait plus d'informations que le mot. Exemples à l'appui.

"Le mot vous emprisonne dans une certaine signification". "On n'a pas qu'une seule voix". La remarque pourrait surprendre, mais Jean Abitbol est formel. La voix, qui "est un code", évolue en fonction de l'interlocuteur. "J'ai un code quand je parle avec mes collègues. Ce n'est pas le même que j'ai avec mes enfants", souligne l'ORL. Intonation, sonorité, tout change selon la personne qui se trouve en face de nous.

Et selon Jean Abitbol, la voix est plus importante que ce que l'on dit. "Le mot vous emprisonne dans une certaine signification, alors que la voix est une déferlante émotionnelle", indique le spécialiste, qui prend l'exemple d'une personne avec une langue étrangère, qui s'énerverait face à nous. "Je ne comprends pas ce qu'il dit, mais je sais qu'il m'engueule !"

"Les politiciens sont des comédiens du petit écran". Pour Jean Abitbol, le pouvoir de la voix est beaucoup plus important aujourd'hui qu'il y a 50 ans. La raison ? "Le monde de la communication est devenu capital", affirme le spécialiste, décrivant des sociétés où la généralisation du téléphone et des logiciels informatiques ont multiplié les interactions vocales. Au milieu de ça, une invention qui met la voix au centre du débat a également fait son arrivée : la télévision. "Les politiciens l'ont bien compris. (...) C'est pour ça qu'aujourd'hui, ils sont des comédiens du petit écran", déchiffre l'ORL.