Glyphosate, sa place au gouvernement... Les mises au point de Nicolas Hulot sur Europe 1

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Alors que l'Assemblée a rejeté les amendements visant à interdire le glyphosate d'ici trois ans, Nicolas Hulot l'assure : l'objectif "n'est pas remis en cause". Et sa place au gouvernement non plus : "Tant que ça avance, je suis là". 

INTERVIEW

La sortie du glyphosate d'ici 2021 ne sera pas gravée dans la loi. Mais Nicolas Hulot reste confiant. Pour le ministre de la Transition écologique et solidaire, le glyphosate sera bien interdit dans trois ans, malgré le rejet par l'Assemblé nationale des amendements permettant d'en sortir d'ici 2021.

"Dans trois ans, on interdit le glyphosate." "On a un objectif qui n’est pas remis en cause. J’aurais préféré que ce soit inscrit dans la loi mais la seule chose qui compte c’est qu’on le fasse. (...) Dans trois ans, on interdit le glyphosate", assure-t-il dans l'émission Circuits Courts sur Europe 1, avant d'ajouter : "Si on s'aperçoit que les acteurs ne jouent pas le jeu d'ici un an, on reviendra à la loi."

"Ceux qui voudraient interdire demain matin, ils me font marrer !". "On en sait assez sur ces saloperies pour appliquer le principe de précaution", lâche le ministre d'Etat qui explique malgré tout que ce n'est "pas facile du jour au lendemain". "Ceux qui voudraient interdire demain matin, ils me font marrer !", s'exclame-t-il.

"Aller dans le sens de l'histoire." Il rappelle par ailleurs qu'il y a eu une avancée au niveau européen : "Avant que j’intervienne, l’Europe s’apprêtait à réautoriser, sans autre prescription, pour 10 ou 15 ans, le glyphosate. Au niveau européen, on est passé à cinq ans. Ça, ça n’a pas de prix." Et selon lui, l'interdiction du glyphosate en France en 2021 pourrait être un avantage pour les agriculteurs français. "C'est aller dans le sens de l'histoire. (...) L’histoire va pour sortir des pesticides. Ils ont intérêt à prendre le pas et à prendre un avantage économique et compétitif", avant que le glyphosate ne soit interdit à l'échelle européenne.

"Tant que ça avance, je suis là." Nicolas Hulot comprend toutefois que le vote des députés "puisse prêter à confusion". Mais Emmanuel Macron a réaffirmé son engagement de sortie du glyphosate d'ici 2021. "S'il y avait un changement d’objectif, je serais excessivement inquiet", confie le ministre de la Transition écologique et solidaire qui, dans un premier temps, s'était dit "déçu" de voir les amendements rejetés par les députés. Mais, "on va le faire", assure-t-il. Sa présence au gouvernement n'est donc pas remise en cause, du moins pour l'instant : "Tant que ça avance, je suis là. (...) On n'est pas dans un conte de fées, c'est normal que de temps en temps, ça frotte un peu."

"Ce n'est pas de gaieté de cœur que j'ai autorisé la raffinerie de la Mède à rouvrir"

Nicolas Hulot est également revenu au cours de l'émission sur l'usage de l'huile de palme dans les biocarburants. La France aura "une position forte" à Bruxelles contre l'usage d'huile de palme dans les biocarburants, a déclaré Nicolas Hulot. "Ce n'est pas de gaieté de coeur que j'ai autorisé la raffinerie de la Mède (Bouches-du-Rhône) à rouvrir. L'avenir n'appartient pas à l'huile de palme", a dit le ministre de la Transition écologique et solidaire. 

"On est en train de s'organiser au niveau européen pour sortir de l'huile de palme et de la déforestation importée", a-t-il ajouté. "Je vais soutenir la position forte parce que je veux à terme qu'on sorte définitivement des agrocarburants et principalement de l'huile de palme, surtout celle faite sur le dos de la biodiversité".  Les députés européens ont voté en janvier la suppression progressive de l'huile de palme dans les biocarburants d'ici 2021, une huile dont la production en Malaisie et en Indonésie génère une déforestation menaçant les espèces et affectant les populations locales.  Mais ce vote n'est pas contraignant et doit faire l'objet d'une négociation avec le Conseil européen et la Commission.

A noter que la présidente de la FNSEA a annoncé jeudi le blocage des raffineries "dans toute la France" à partir du 10 juin en réaction notamment à la hausse attendue des importations d'huile de palme.