"Il faudrait des centres pour migrants dans toutes les grosses villes de France"

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La politique de tri entre réfugiés politiques et migrants économiques voulue par Gérard Collomb est dénoncée par les associations.

Dans une longue interview au Journal du Dimanche, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, est revenu sur les principales mesures de la politique migratoire du gouvernement. L'exécutif annonce la création de 3.500 places d'accueil en 2018. Mais il entend aussi distinguer clairement "réfugiés politiques" et "migrants économiques". Une "politique de tri" dénoncée par les associations, qui s'alarment de la situation actuelle au cœur de l'été. Reportage dans le camp de la Porte de la Chapelle, à Paris.

"Je veux rester ici et apprendre le français". Sha, un jeune homme de 23 ans, vient toute juste d'arriver à Paris pour demander l'asile. Parti d'Afghanistan il y a plus d'un an, il s'est établi Porte de la Chapelle, au nord de la capitale. Aujourd'hui, il se dit "pas trop mal" dans sa tente bleue, installée sous l'échangeur du périphérique parisien. "Ma ville n'était plus sécurisée, il y avait beaucoup de talibans, c'est pourquoi j'ai quitté mon pays. J'espère que ce sera la dernière étape de mon voyage. Je veux rester ici et apprendre le français", assure le jeune Afghan.

"Il faudrait des centres dans toutes les grosses villes". Sous cet échangeur Porte de la Chapelle, on compte actuellement 800 migrants installés dans ces campements sauvages. Érythréens, Somaliens, Irakiens, Soudanais… Tous attendent une place dans le centre humanitaire de la Mairie de Paris, à quelques mètres de là. Mais "il n'y en a que 400", explique Zelda, bénévole de l'association Utopia 56, qui organise des distributions de vêtements. Elle espère que les 3.500 places d'accueil promises par le gouvernement seront vraiment créées. "Il faudrait des centres comme ça dans toutes les grosses villes en France, et une dizaine à Paris, pour que ça puisse avancer. Qu'il n'y ait plus de camps de mille personnes dans la rue", plaide-t-elle.

Le ministre de l'Intérieur a également annoncé vouloir réduire d'un an à six mois le délai maximal d'étude des demandes d'asile. Ce sera l'un des objectifs du projet de loi sur l'immigration, qui sera présenté à l'automne.