27 ans de réclusion pour avoir commandité le meurtre de sa compagne

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27 ans de réclusion pour avoir commandité le meurtre de sa compagne
Fabrice Autrand a été condamné à 27 ans de prison. @ AFP
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Fabrice Autrand, 37 ans, a été reconnu coupable d'avoir payé un homme pour assassiner sa conjointe, qui entretenait de mauvaises relations avec sa mère.

Devant les assises du Gard, Rachel Callegher a raconté son propre meurtre, lundi. "Je me suis fait assassiner", a-t-elle répété plusieurs fois à la barre. Pendant deux jours, la jeune femme a ensuite écouté témoins et psychologue dépeindre le portrait de celui qu'elle espérait épouser, tandis qu'il cherchait à l'éliminer : Fabrice Autrand, 37 ans, accusé de "complicité de tentative d'assassinat". L'histoire, digne d'un mauvais scénario de film, a connu son épilogue, mercredi.

"Un homme au visage masqué, tout en noir". Les faits remontent au 6 avril 2013. Vers 2 heures du matin, Rachel et Fabrice dorment dans leur lit conjugal, à Alès, près de Nîmes. Brusquement, la lumière s'allume. "Je vois un homme au visage masqué au pied du lit, tout en noir. Il se précipite sur moi, avec un oreiller, me crie 'bouge pas, bouge pas'", se souvient-elle devant la cour. À côté d'elle, Fabrice fait alors semblant de dormir. La jeune femme est touchée par trois balles, une au sein gauche, une à la cuisse et une au mollet. Par chance, l'arme s'enraye et l'agresseur s'enfuit. Son compagnon, un brillant ingénieur et directeur de société mesurant 1,90 m, n'a quasiment pas bougé pendant l'attaque. De l'autre côté de la cloison dort leur fils, âgé de 10 mois.

Grièvement blessée, la jeune femme souffre d'un syndrome post-traumatique sévère, et d'une invalidité à vie. En sortant de l'hôpital, elle se pose beaucoup de questions, vivant comme si elle était "traquée". À son chevet, son compagnon l'accompagne tout au long de sa rééducation. Jusqu'à ce que, huit mois après les faits, la police vienne l'arrêter, le soupçonnant d'être le commanditaire de l'agression. "Mon monde s'est effondré", commente la jeune femme brune, qui continue de revivre son "assassinat" la nuit. "Ça fait froid dans le dos, il aurait pu recommencer."

Une mère "dont il vaut mieux être loin que proche". Comme seul mobile, les enquêteurs ont identifié une relation fusionnelle entre Fabrice Autrand et sa mère, Geneviève. À la barre, le frère cadet de l'accusé n'a pas hésité à  évoquer une mère "toxique", dont il vaut "mieux être loin que proche". Pour échapper à son "emprise", ce dernier a été jusqu'à choisir de faire toute sa carrière dans des contrées lointaines. Les expertises psychologiques confirment un caractère "autoritaire", un conflit avec sa belle-fille, et un "écrasement" de son fils. Au moment du passage à l'acte, il se trouvait selon les médecins dans "une zone d'impasse", "tiraillé entre deux femmes-mères".

Devant la cour, la principale intéressée est apparue en total décalage avec la gravité des faits, s'attirant de nombreux rappels à l'ordre de la présidente. "Chacun est responsable de ses actes", a-t-elle notamment répondu sèchement lorsqu'elle était interrogée sur son éventuelle responsabilité morale dans le passage à l'acte de son fils. "Je pense qu'il a été un peu manipulé par Rachel", a-t-elle ajouté dans une énième attaque contre son ex-belle-fille, qu'elle continue de désigner comme une "ex-go-go-dancer", alors que la jeune femme est assistante médicale.

Mardi, Fabrice Autrand a reconnu avoir envisagé différents "scénarios", parmi lesquels un "accident" de la route et une pendaison à la rambarde de l'escalier, rapporte Midi Libre. "Après une nouvelle dispute, j'ai pris la décision de faire cet acte fou (...) Je ne pouvais pas le faire moi-même", a-t-il soufflé. "Je n'ai rien à dire pour ma défense. Je veux juste dire à Rachel que si j'en avais le pouvoir, je reviendrais en arrière." Reconnu coupable de complicité de tentative d'assassinat, il a été condamné à 27 ans de réclusion criminelle. Son co-accusé, Mourad Bouabida, tireur présumé, a été condamné à 20 ans de prison pour complicité d'assassinat.