Huit ex-squatteurs parisiens rejugés, 250.000 euros demandés par la propriétaire

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Huit ex-squatteurs parisiens rejugés, 250.000 euros demandés par la propriétaire
Huit anciens squatteurs parisiens ont été rejugés jeudi par la cour d'appel de Paris pour avoir occupé pendant quinze mois un immeuble du 6e arrondissement de Paris entre 2008 et 2009.@ AFP
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Les huit appelants, étudiants au moment des faits, avaient occupé un bâtiment de cinq étages, entre avril 2008 et juin 2009.

Huit anciens squatteurs parisiens ont été rejugés jeudi par la cour d'appel de Paris pour avoir occupé pendant quinze mois un immeuble du 6e arrondissement de Paris entre 2008 et 2009, la propriétaire leur demandant 250.000 euros au titre de préjudice. Les huit appelants, étudiants au moment des faits, avaient occupé un bâtiment de cinq étages situé près du grand magasin Bon Marché, au 69 rue de Sèvres, entre avril 2008 et juin 2009.

"Un dossier de méchanceté". Ils avaient été condamnés en première instance à verser 80.000 euros à la propriétaire pour avoir occupé illégalement son bien, avant que la cour d'appel de Paris ne réduise la peine à une indemnité de 22.000 euros en 2013. Mais en décembre 2015, la Cour de Cassation, saisie par la propriétaire, a cassé partiellement l'arrêt de la cour d'appel de Paris, renvoyant les parties devant celle-ci.

"Ce dossier est devenu un dossier de méchanceté: il n'y a aucun intérêt financier pour la propriétaire à continuer ce procès, on a vraiment le sentiment d'une certaine vengeance", a déclaré Me Winter, avocat des huit ex-squatteurs. "Il y a une atteinte au droit de propriété, qui est un droit inviolable et absolu", a répondu à la barre Me Jesslen, avocate de la propriétaire: "Ma cliente est loin d'être la propriétaire richissime décrite par les appelants."

L'immeuble, toujours inoccupé. Jeudi, peu avant l'audience, quatre des huit anciens squatteurs, soutenus par quelques militants du collectif de défense du droit au logement Jeudi noir, s'étaient rassemblés devant le bâtiment du 69, rue de Sèvres, pour demander la réquisition par l'État de l'immeuble toujours inoccupé.

"Cet immeuble est vide depuis quinze ans", a lancé Jean-Marc, ancien occupant des lieux et membre de Jeudi Noir. "La propriétaire a toujours refusé de vendre ou de mettre en location son immeuble, et elle nous demande des sommes astronomiques. C'est injustifié."

Les membres du collectif allaient rejoindre en fin d'après-midi un rassemblement organisé par le Collectif des associations unies contre le mal-logement, près du canal Saint-Martin. Le jugement a été mis en délibéré au 4 mai.