Hébergement d’urgence : "dès 10h du matin, il n’y a plus de places"

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Hébergement d’urgence : "dès 10h du matin, il n’y a plus de places"
@ AFP
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Moins d’un SDF sur deux a pu trouver une place en hébergement d’urgence en juillet, ce qui constitue un record d’inefficacité. 

En juillet, 55% des appels au 115 n’ont jamais abouti. C’est le triste constat d’un rapport de la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (Fnars). Sur les 21.506 personnes ayant contacté le numéro d’urgence, un chiffre en hausse de 2,4% par rapport au même mois l'an dernier, 11.908 "n'ont jamais été hébergées", affirme l'étude. Florent Gueguen, le directeur général de la Fnars déplore auprès d’Europe 1 une situation catastrophique.

Comment expliquez-vous ce record d’inefficacité du 115 en juillet ?

En fait, la situation des sans-abri se dégrade l’été. L’hiver, il y a beaucoup plus de structures ouvertes. L’Etat ouvre des places entre le mois de novembre et le 31 mars. Des milliers de places sont ensuite fermées, ce qui créé une situation de pénurie extrême en juillet et en août.

Or, La mortalité des sans-abri est aussi forte l’été que l’hiver. Nous ne comprenons pas cette politique de gestion saisonnière de la grande exclusion, qui remet des gens à la rue à partir du printemps et qui créé une situation de quasi crise humanitaire. Par exemple, sur Lyon, sur Grenoble, ou sur Bordeaux, dès 10h du matin, il n’y a plus de places pour les sans-abri alors même que ces personnes sont souvent en danger.

Que faudrait-il alors faire pour ne pas arriver à de telles extrémités ?

Nous demandons clairement à ce que l’Etat prenne ses responsabilités. Il faut que l’on ouvre des places toute l’année et pas seulement six mois quand il fait froid. Il faut trouver des solutions de sortie durables. Les associations sont un peu consternées du recul de l’Etat l’été, comme si la situation des personnes était moins problématique l’été que l’hiver.

L’explosion du nombre de migrants a-t-elle une incidence ?

Il est clair que la crise migratoire a un impact sur la demande d’hébergement. Au 115, on estime qu’il y a environ 40% des appels qui sont des personnes étrangères non communautaires. C’est aussi pour cela que nous demandons au gouvernement que l’accès à l’hébergement des plus pauvres profite à tout le monde. Nous constatons que sur un certain nombre de territoires, il y a des structures qui ouvrent pour les migrants mais que paradoxalement le 115 ne bénéficie pas de ces places supplémentaires.