Harkis : "On s’attendait à un geste plus fort que ça"

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Hacéne Arfi, fils de Harki, s’est dit déçu de la reconnaissance par le président de la responsabilité de la France dans l’abandon des Harkis. 

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

François Hollande a reconnu dimanche "les responsabilités" de la France dans "l'abandon" des Harkis au cours d'une journée d'hommage. Cette reconnaissance, une première par son caractère solennel, était une des promesses de campagne du président de la République. Mais cette décision ne satisfait pas Hacéne Arfi. "Je suis déçu. On s’attendait à un geste plus fort que ça", a-t-il déclaré au micro d’Europe 1.

Les Harkis réclament une loi. Hacéne Arfi aurait voulu non pas un hommage solennel, mais une loi pour reconnaître la responsabilité des gouvernements français dans l’abandon des Harkis. "Si le président veut vraiment porter une reconnaissance envers les Harkis, c’est à travers une loi. Cette loi serait la reconnaissance de la nation, et il y aurait une réparation matérielle"

Cette demande, portée également par de nombreuses associations harkies, est relayée dans la classe politique. Des députés de droite ont déposé en avril une proposition de loi prévoyant notamment que "la Nation s'engage à réparer les préjudices moraux et matériels subis par les Harkis", 500.000 personnes avec les descendants.

Des milliers de victimes. "L’injustice a été en Algérie, mais aussi en France, dans les camps. On a sacrifié toute une génération en les faisant garder par des miradors, des barbelés et avec un couvre-feu à 22 h", a plaidé Hacéne Arfi. Après la fin de la guerre d’Algérie, en 1962, 55.000 à 75.000 Harkis ont été abandonnés et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. Quelque 60.000 ont été admis en France.