Grâce de Jacqueline Sauvage : la décision de François Hollande divise les magistrats

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S'opposant à l'Union syndicale des magistrats, Serge Portelli, président de chambre à la Cour d'appel de Versailles, a défendu le droit de grâce sur Europe 1. 

"Une décision consternante". C'est en ces mots que Virginie Duval, présidente de l'Union syndicale des magistrats (USM), a commenté le choix de François Hollande d'accorder à Jacqueline Sauvage une grâce totale permettant sa libération, mercredi. Interrogé par Europe 1, jeudi, Serge Portelli, magistrat et président de chambre à la Cour d'appel de Versailles, s'est dit "absolument" en désaccord avec ses propos, révélant une certaine tension au sein de la profession. 

"Il y a un droit de grâce". "On a un président de la République qui remet en cause plusieurs décisions de justice (...) Ce n'est pas un bon signal pour le fonctionnement de nos institutions", dénonçait Virginie Duval, mercredi. "Évidemment il y a des magistrats, évidemment il y a des décisions judiciaires, mais il y a aussi un droit de grâce", lui répond Serge Portelli. "Ce droit de grâce, je ne vois pas au nom de quoi un magistrat ou un syndicat de magistrats pourrait se permettre de dire qu'on en a abusé ou que la décision n'a pas de sens : à chaque fois que le droit de grâce a été utilisé depuis des décennies, c'était à la suite d'une décision judiciaire dont on prenait le contre-pied." 

Un droit utilisé dans d'autres pays. Le magistrat balaie également l'argument de certains détracteurs du droit de grâce, selon lesquels il devrait être supprimé : "En France, on a vous dire que c'est un résidu de l'Ancien régime. Mais vous avez plein de pays qui n'ont jamais connu la royauté et qui connaissent le droit de grâce", expose-t-il. "Aux États-Unis, vous avez un droit de grâce qui est utilisé très souvent."