"Ghjustizia per Maxime" : des milliers de Corses défilent à Bastia

  • A
  • A
"Ghjustizia per Maxime" : des milliers de Corses défilent à Bastia
@ Frédéric Michel
Partagez sur :

Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le calme samedi après-midi à Bastia.

EN IMAGES

La manifestation explosive annoncée n'a, pour l'instant, pas eu lieu. Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le calme, samedi après-midi à Bastia. Le cortège a progressé derrière une banderole "Ghjustizia per Maxime" ("Justice pour Maxime"), une semaine après des incidents avec la police, à Reims. Le 13 février, un jeune supporter, Maxime Beux, avait perdu un œil après des heurts avec la police, en marge d'un match de football.

Entre 1.500 et 10.000 personnes. Le cortège, comprenant de nombreux fans du SC Bastia - dont le principal club de supporters, Bastia 1905 - et beaucoup d'étudiants, est parti du Palais de justice de la ville et a emprunté le boulevard Paoli, la principale artère de Bastia, avant de s'arrêter devant la mairie de la ville. Vers 16h20, un appel à la dispersion a été lancé, mais plusieurs centaines de personnes étaient encore réunies peu avant 17h devant l'Hôtel de Ville. Le défilé a rassemblé plus de 10.000 personnes selon les organisateurs, 1.500 selon la police.

Scandant "Tous avec Maxime", "Ghjustizia per Maxime" ou "Liberta per Di Caro", les manifestants portaient en nombre des drapeaux corses ou aux couleurs du Sporting Club de Bastia. "On n'oublie pas Rémi (Di Caro), qui a soutenu Maxime et qui paie pour cela", a déclaré un des porte-parole de Bastia 1905, Jean-Etienne Venturi.



Rémi Di Caro, 20 ans, a été condamné jeudi à à 10 mois de prison, dont 5 ferme, après avoir été interpellé après une manifestation qui a dégénéré mardi soir à Corte, où se trouve l'Université de Corse.

Frédéric Michel

Frédéric Michel


"Nos élus tremblent pour leurs sièges". Des slogans plus politiques comme "FLN!" ou "Etat français assassin!" ont également été scandés par les manifestants, dont certains ont pris à partie des journalistes. "Nous devons dénoncer les élus qui sont restés chez eux (...). Nos élus tremblent pour leurs sièges. On leur a donné le pouvoir mais aussi des devoirs, qu'ils n'ont pas assumés aujourd'hui", a également lancé dans un mégaphone un des organisateurs de la manifestation.



Le président du SC Bastia Pierre-Marie Geronimi, son vice-président Pierre Molinelli et cinq joueurs - le milieu Yannick Cahuzac, les défenseurs Gilles Cioni, François Modesto, Julian Palmieri et le gardien Jean-Louis Leca - ont pris part au rassemblement devant la Palais de justice mais n'ont pas défilé ensuite. 

Bastia début 1280

© Frédéric Michel


Beaucoup craignent des incidents à l'issue de cette manifestation, organisée une semaine après des incidents ayant opposé à Reims policiers et supporters du SBC. Avant le début de la manifestation, la préfecture de Haute-Corse a annoncé que des policiers avaient découvert près de la préfecture des engins explosifs "dangereux pour les personnes".