Faut-il interdire les animaux sauvages dans les cirques ?

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Le public est de moins en moins à l'aise avec l'idée de voir des animaux sauvages dans des cirques. Des associations appellent à leur interdiction.

LE DÉBAT

Plusieurs associations de défense des animaux se mobilisent pour obtenir l'interdiction des animaux sauvages sous les chapiteaux des cirques. Une démarche appuyée par "un véritable changement de mentalité" du public, selon Reha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d'Amis, invitée du débat d'Europe Midi, mardi.

"Plus acceptable aujourd'hui". "Le public n'aime plus ce spectacle de voir des animaux sauvages en cage. Des éléphants sur des tabourets, des tigres qui passent à travers des cerceaux de feu… Les gens sont heurtés par ce spectacle (…) Garder des animaux en cage toute la journée pour le plaisir de quelques uns n'est plus acceptable aujourd'hui", affirme Reha Hutin. "Il ne faut pas se leurrer : derrière ce spectacle, il y a une manière d'obliger ces animaux. Ce n'est pas normal. Est-ce que vous voyez un éléphant s'asseoir sur un tabouret dans la jungle ? Non. Un éléphant parcourt 17 km par jour lorsqu'il est en liberté. Là, il est dans une cage et on le sort de temps en temps pour faire le pitre", fustige la présidente de la Fondation 30 Millions d'amis.

Selon Reha Hutin, les parents, qui jadis estimaient qu'emmener leurs enfants au cirque était un émerveillement, ne sont plus du même avis. "Le cirque c'est merveilleux, mais on n'a pas besoin d'animaux sauvages pour faire ce spectacle", assure la militante.

"Prise de conscience de la sensibilité des animaux". Pour Christian Caffy, coordinateur des Cirques classiques, également invité d'Europe 1 mardi midi, cet argumentaire n'est "qu'une série de contre-vérités". "Les artistes qui présentent les animaux ne sont pas du tout les tortionnaires que vient de nous décrire Madame Hutin, bien au contraire. Ce sont les premiers à chercher à mettre en oeuvre le maximum de moyens pour leur bien-être", assure-t-il.

Selon Christian Caffy, la réputation de maltraitance qui poursuit les cirques a été justifiée par le passé, mais ne l'est plus aujourd'hui. "Je ne dis pas que ce sont des légendes, ce sont des choses qui sont arrivées. Mais aujourd'hui, les cirques sont dans une démarche totalement différente. Il y a une prise de conscience de la sensibilité des animaux", jure-t-il. "Il y a un siècle, le dressage se menait effectivement à la baguette, à la dure. Aujourd'hui, le dressage se fait à travers le jeu, la gourmandise, la recherche d'une empathie avec l'animal", défend le coordinateur des Cirques classiques.

Christian Caffy l'affirme : "Le principe-même d'un spectacle présentant des animaux, qu'ils soient domestiques ou non domestiques, c'est une mise en scène, une façon de montrer au public les compétences naturelles des animaux". "Une image vraiment bisounours" et bien éloignée de la réalité, rétorque Reha Hutin.