Fait religieux en entreprise : les cas conflictuels minoritaires mais en hausse

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Fait religieux en entreprise : les cas conflictuels minoritaires mais en hausse
"Toutes les religions sont concernées mais en priorité l'islam".@ AFP
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Les comportements religieux qui perturbent le bon fonctionnement des entreprises et transgressent les règles légales sont en augmentation, selon une étude publiée mercredi.

Bien que minoritaires, les comportements religieux qui perturbent le bon fonctionnement des entreprises et transgressent les règles légales, sont en augmentation, selon une étude publiée mercredi, qui montre qu'ils concernent toutes les religions mais en priorité l'islam.

Deux tiers des managers confrontés au fait religieux. Selon cette enquête, la cinquième annuelle publiée par l'institut Randstad et l'Observatoire du fait religieux en entreprise (OFRE), l'observation "quantitative" du fait religieux en entreprise ne progresse globalement pas, avec 65% des salariés qui déclarent observer occasionnellement ou régulièrement des faits religieux au travail, un chiffre stable par rapport à 2016. La majorité (53%) des situations rencontrées sont des "demandes d'absence pour fête religieuse" ou des "aménagements du temps de travail", le "port ostentatoire de signes religieux" ou les "prières pendant les pauses". Elles ne posent pas de problème et ne nécessitent pas d'intervention de la hiérarchie, un chiffre lui aussi stable par rapport à 2016 (52%), précise l'enquête.

Des conflits marginaux mais en légère augmentation. En revanche, si les "cas conflictuels" restent minoritaires, ils représentent 7,5% de l'ensemble des faits recensés en 2017 contre 6,7% en 2016. Ceux qui nécessitent l'intervention d'un manager représentent "16%" du total contre "14%" en 2016 et "12%" en 2015, tandis qu'un manager sur cinq (20%) est confronté à des "difficultés". "Quantitativement marginaux, ces faits sont qualitativement très importants car ils polluent le bon fonctionnement de l'entreprise", explique Lionel Honoré, directeur de l'OFRE.

Il cite le "refus de travailler avec une femme ou sous ses ordres", "de réaliser certaines tâches ou de respecter les ordres du manager", de "travailler avec des personnes ayant une autre religion", la "contestation des horaires de travail eu égard à la prière" mais aussi "le prosélytisme". "Toutes les religions sont concernées mais en priorité l'islam", dit Lionel Honoré. Quant aux entreprises, elles sont situées majoritairement dans des "zones urbaines densément peuplées, plus appauvries et marquées par une diversité religieuse".