Exercices de sécurité dans les écoles : "Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne méthode", s'inquiète un parent

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Confrontés à la rentrée à de nouvelles mesures de sécurité obligatoires dans les établissements scolaires pour leurs enfants, des parents expriment leur appréhension.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Najat Vallaud-Belkacem et Bernard Cazeneuve dévoilent mercredi matin leur plan de sécurisation des écoles. Les mots vont devoir être choisis pour faire face à l'inquiétude des parents et à la peur des enfants. Parmi les mesures prises par les ministres de l'Education et de l'Intérieur figure un exercice de confinement en cas d'attentat ou d'intrusion qui sera obligatoire dans tous les établissements de la maternelle au lycée.

"Inquiète". Pour les plus petits, les mesures sont claires : il ne faut pas parler explicitement des exercices. Les enseignants de maternelle pourront avoir recours à un jeu, par exemple. Mais malgré les précautions, le sujet reste délicat vis à vis de certains parents. Marie-Ange a cinq garçons, de 3 à 17 ans, et elle redoute l'impact de l'exercice, particulièrement sur Blaise, 8 ans. "Je suis un peu inquiète en tant que maman. Comment cela va être présenté à des enfants de 8 ans ? Je n'aurai pas la choix, il va subir ça mais j'en aurai les conséquences à la maison : l'angoisse, le stress, le 'pourquoi les adultes nous font faire ça ?', 'maman, est ce que ça peut arriver demain ?', ça peut être traumatisant pour des petits. 'Attentat', 'intrusion', ça peut faire peur aux enfants, c'est ce qui m'embête le plus", explique-t-elle.

"Pa sûr que ce soit la bonne méthode". Blaise va rentrer en CE2. "Je n'ai pas envie que ça se passe cet exercice, avoue le garçon. Ça me fait vraiment peur." Pas d'appréhension en revanche pour Gaspard, 14 ans, en classe de 3e : "Je trouve que c'est une bonne idée, ça montre comment réagir à ces choses qui peuvent arriver à tout instant, comment garder son sang froid pour repousser un peu la chose". Le plus dubitatif est finalement le papa, Martial : "ce qui me fait peur, c'est qu'on rentre dans le crâne des enfants que le terrorisme est au pied de leur porte et que les terroristes peuvent intervenir dans leur école d'un moment à l'autre. Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne méthode", conclut-il. Son épouse compte sur le tact du monde enseignant pour éviter tout réalisme perturbant pour les plus jeunes.

Ce que contient le plan sécurité au sujet des exercices : 

  • A partir de cette rentrée, il y aura désormais trois exercices de sécurité par an au lieu de deux auparavant. L'un des exercices baptisé "attentat intrusion", devrait être réalisé par tous les élèves de la maternelle au lycée d'ici à la Toussaint. Il sera annoncé par une sonnerie différente de l'alarme incendie. Le but ? Habituer les élèves à un nouveau risque en évitant la panique.

  • Un guide pratique sera mis à disposition des enseignants et proviseurs pour éviter les traumatismes. Pas question par exemple de mettre en scène des personnages armés.

  • Les exercices seront adaptés aux âges. Pour les plus jeunes, ils se rapprocheront d'un jeu, "Le roi du silence", où tout le monde doit se taire, par exemple. Ils seront plus concrets au collège et au lycée avec l’apprentissage des gestes de premier secours.