Enquête sur les pratiques de la lutte anti-stups : garde à vue levée pour la procureure adjointe de Paris

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Enquête sur les pratiques de la lutte anti-stups : garde à vue levée pour la procureure adjointe de Paris
La garde à vue de Véronique Degermann a été levée. Image d'illustration. @ PHILIPPE MERLE / AFP
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Véronique Degermann était entendue depuis mardi dans le cadre d'une enquête sur les pratiques controversées de la lutte anti-stupéfiants sous le commissaire François Thierry.

La garde à vue de Véronique Degermann, procureure adjointe au parquet de Paris entendue depuis mardi dans le cadre d'une enquête sur les pratiques controversées de la lutte anti-stupéfiants sous le commissaire François Thierry, a été levée mercredi soir, a appris l'AFP de source proche du dossier. Cette magistrate a été interrogée par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), tout comme sa collègue Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris aujourd'hui en poste à la cour d'appel d'Aix-en-Provence, qui était sortie de garde à vue dès mardi.

La garde à vue de François Thierry levée. La garde à vue de François Thierry, ex-patron de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), qui était entendu avec un second policier, Laurent Ferrer, a été levée mercredi soir, selon son avocat. Il était entendu dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Lyon pour infraction à la législation sur les stupéfiants, association de malfaiteurs et faux en écriture, selon la même source. Cette enquête est l'un des trois volets de l'affaire qui touche aux méthodes employées à l'Ocrtis, en particulier à la gestion des indics, sous la direction de François Thierry. À l'origine de ce volet, un ancien informateur de l'Ocrtis, Hubert Avoine, auteur du livre L'Infiltré, avait porté plainte en dénonçant la façon dont la police l'avait utilisé.

Les méthodes des anti-stups en question. Le volet principal de l'affaire a été dépaysé, lui, de Paris à Bordeaux. L'ancien patron de la lutte anti-drogue a été mis en examen le 24 août 2017 dans ce retentissant dossier touchant à la saisie record, le 17 octobre 2015, de sept tonnes de cannabis à Paris. Il a perdu depuis son habilitation d'officier de police judiciaire, à titre de sanction disciplinaire. La justice avait découvert que la drogue était arrivée en France dans le cadre d'une livraison surveillée, opérée par l'Ocrtis avec l'aide d'un informateur important de "l'office", considéré comme un trafiquant de drogue de haut vol. La drogue cachée dans des camionnettes avait été découverte au pied du luxueux appartement de cet "indic", à Paris.  Dans cette affaire, François Thierry est notamment soupçonné d'avoir favorisé l'importation de drogue en France sans avoir informé totalement l'autorité judiciaire des modalités de l'opération, ni du rôle-clé de cet informateur qu'il gérait en direct. Il affirme au contraire que les magistrats étaient au courant des méthodes d'infiltration de l'Ocrtis.