Enquête judiciaire autour de l'accueil des réfugiés à Lourdes

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Enquête judiciaire autour de l'accueil des réfugiés à Lourdes
Le 17 octobre, le secrétaire départemental du FN Olivier Monteil diffusait une liste confidentielle des logements à Lourdes.@ DR
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Le 17 octobre, le secrétaire départemental du FN Olivier Monteil a diffusé une liste confidentielle des logements à Lourdes mis à la disposition des réfugiés.

La divulgation par le FN d'une note confidentielle sur les lieux d'hébergement des demandeurs d'asile à Lourdes, crée la polémique dans la cité mariale, où une enquête judiciaire a été ouverte pour "violation du secret professionnel". "Il sera donné toutes suites judiciaires et, le cas échéant, disciplinaires à ces faits intolérables", ont annoncé la préfète des Hautes-Pyrénées Béatrice Lagarde, et le procureur de Tarbes Eric Serfass, dans un communiqué commun consacré à cette "campagne de désinformation" du FN.

Une liste confidentielle. Le 17 octobre, le secrétaire départemental du FN Olivier Monteil diffusait une liste confidentielle des logements à Lourdes mis à la disposition des réfugiés et demandeurs d'asile. Il l'accompagnait d'un communiqué dénonçant "un black-out total" de la mairie et de la préfecture vis-à-vis de la population, ce qui constitue, selon lui, un "camouflage volontaire de l'immigration clandestine à Lourdes".

Olivier Monteil mentionnait en outre une note de police sur la conduite à tenir en cas d'intervention sur ces hébergements, dont le responsable du FN a fait "une interprétation malveillante", selon la préfète et le procureur, "en laissant croire au laxisme des autorités de police".

"Une méthode abjecte". Béatrice Lagarde et Eric Serfass ont ainsi dénoncé une "mise en cause" de la "neutralité de l'action des services de l'État" et une "atteinte grave à la vie privée des personnes concernées", en annonçant des poursuites judiciaires. La maire PRG de Lourdes, Josette Bourdeu, a également jugé "la méthode abjecte". 

"Une erreur". Le tollé a été tel que le secrétaire du FN a fait marche arrière dans une "mise au point" datée du 21 octobre, où il annonçait qu'il avait rapidement "gommé les détails des adresses" des logements destinés aux réfugiés et "supprimé le document dont la publication en l'état était une erreur". Mais une enquête judiciaire pour "violation du secret professionnel" a été ouverte le 24 octobre, selon le parquet de Tarbes.