Enfants nés de GPA : "il faut arrêter de les discriminer", s'indignent les familles

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"On ne peut pas reprocher à un enfant les conditions de sa naissance", déplore un membre de l'association des familles homoparentales. 

La France porte atteinte à la vie privée des enfants nés de mères porteuses à l'étranger. Elle a été de nouveau condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme, car elle refuse de reconnaître la filiation de ces enfants. C'est la seconde fois en deux ans que la France est condamnée, mais peu de choses bougent. Pour les familles concernées, l'attente est insoutenable. 

"Pas totalement des parents reconnus". Sylvie et Dominique sont les premiers à avoir fait condamner la France devant la Cour européenne. C'était en 2014. Car depuis 15 ans, ils se battent pour faire inscrire à l'état civil leurs filles jumelles nées aux Etats-Unis d'une mère porteuse. Ils ne supportent plus cette situation : "c'est quand même insoutenable que nous ne soyons pas traités comme les autres. On a le sentiment de ne pas être totalement des parents reconnus. Ça pose quand même de sérieux problèmes psychologiques, à la longue". 

Les mêmes droits pour tous les enfants. Une attente d'autant plus insupportable qu'ils sont quelques centaines d'enfants par an dans le même cas. "Il faut arrêter de discriminer ces enfants", estime un membre de l'association des familles homoparentales. "Ils ont tous les mêmes droits, et on ne peut pas reprocher à un enfant les conditions de sa naissance, on ne peut pas lui donner des droits différents en fonction de comment il est né. Je ne vois pas comment le gouvernement pourrait continuer à ne pas appliquer la décision, ça devient intenable pour eux", déplore-t-il. 

Et si rien ne change, la France pourrait être condamnée une troisième fois. Une nouvelle famille, elle aussi passée par une mère porteuse, a déposé un recours.