En Seine-Maritime, un arrêté "pour interdire la prise d'essence en jerricane"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Nicole Klein, préfète de Normandie et de Seine-Maritime, a regretté mardi sur Europe 1 des "comportements de panique", expliquant que la pénurie d'essence ne menaçait pas encore.

INTERVIEW

De longues minutes d'attente aux abords des stations-service, pour parfois repartir bredouille, faute d'essence disponible. C'est la situation que connaissent de nombreux automobilistes depuis lundi, alors que des syndicats, notamment la CGT, bloquent raffineries et dépôts pétroliers pour protester contre la loi Travail. Nicole Klein, préfète de Normandie et de Seine-Maritime, s'est néanmoins montrée rassurante, mardi, sur Europe 1. 

Prophétie auto-réalisatrice. Si "30% des stations [essence] de Seine-Maritime sont fermées", c'est notamment dû aux "comportements de panique" des consommateurs, a expliqué la haute fonctionnaire. "Des gens prennent plus d'essence qu'ils n'en ont besoin." Pour éviter de ne donner à la situation des allures de prophétie auto-réalisatrice, Nicole Klein a donc "pris un arrêté pour interdire la prise d'essence en jerricane" dans la région. En outre, d'autres mesures pourraient être prises pour débloquer des sites, mais doivent être soigneusement examinées en amont. "La réquisition est peut-être une entrave aux libertés publiques, donc on regarde quelles réquisitions nous pourrions prendre", a précisé la préfète.

"Pas de difficultés" à Roissy. Nicole Klein a, en revanche, nié tout impact de la pénurie de carburant sur l'approvisionnement de l'aéroport international de Roissy. "Pour l'instant, il n'y a pas de difficultés", a t-elle assuré. Et la haute fonctionnaire de lister les raffineries et dépôts de carburant qui fonctionnent toujours. "Il n'y a jamais eu autant de camions qui sortent du dépôt pétrolier [de Rouen]. Le vote de la grève ne veut pas dire qu'il y a grève." Autre exemple : la raffinerie ExxonMobil, à Notre-Dame-de-Gravenchon. "Elle fonctionne", a affirmé la préfète. "Même si une grève a été votée en assemblée générale, cela ne veut pas dire que la production est arrêtée. Pour l'instant, il n'y a pas assez de grévistes, les expéditions fonctionnent."