En Meurthe-et-Moselle, un village court après son maire fantôme

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En Meurthe-et-Moselle, un village court après son maire fantôme
Vue Google Maps de la mairie de Buissoncourt@ Google Maps
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Depuis plus de trois mois, le village de Buissoncourt ne voit presque plus son maire, qui a déménagé à 50 minutes de route. L’opposition en appelle au préfet pour convaincre l’élu de démissionner.

Le petit village de Buissoncourt, à seize kilomètres de Nancy, cherche son maire. Selon L’Est républicainqui dévoile l’histoire mardi, Pierre Mahr a quasiment déserté la mairie depuis son déménagement en début d’année, à 50 minutes de route. Selon les témoignages rassemblés par le journal régional, le maire est devenu un "maire fantôme". Il n’est présent à la mairie qu’un seul jour par semaine : le lundi.

Un village au ralenti. Conséquences concrètes de cette désertion pour les quelques 280 habitants : leur village fonctionne au ralenti. Selon les élus communaux, les travaux votés l’année dernière sont au point mort et plusieurs manifestations comme les feux de la Saint-Jean sont annulées. "Nous ne savons même pas si nous aurons une commémoration du 8 Mai", s’inquiètent des conseillers municipaux auprès de L’Est républicain, à moins d'une semaine des habituelles cérémonies commémorant la Libération du 8 mai 1945.

Invisible à la communauté de communes. L’absence du maire met sa ville en difficulté lors des réunions de la communauté de communes dont fait partie le village. Les élus n’y ont pas vu siéger le maire depuis janvier, ni son suppléant. 

Nous n’avons rien contre Pierre Mahr, nous souhaitons juste qu’il démissionne afin de pouvoir permettre la continuité des services à la population 
Conseillers de l'opposition

Un maire devenu minoritaire. Le maire fantôme avait déménagé un mois après des élections anticipées qui avaient fait basculer son conseil municipal du côté de l’opposition, désormais majoritaire. Ladite opposition affirme se heurter au silence de leur maire. "Nous avons essayé de joindre Pierre Mahr. Il nous a répondu n’avoir 'aucun moment à [nous] accorder'", assurent les élus, toujours dans L’Est républicain. "Nous n’avons rien contre Pierre Mahr, nous souhaitons juste qu’il démissionne afin de pouvoir permettre la continuité des services à la population", expliquent-ils. Les conseillers étaient tous sur la liste du maire lors du premier scrutin de 2014 et se retrouvent donc bloqués. Vivant dans une commune de moins de 1.000 habitants, la loi ne leur permet pas de démissionner pour réélire un maire. Seuls leurs postes seraient renouvelés. 

Le préfet appelé à l'aide. Pour tenter de débloquer la situation, les élus ont décidé d’écrire un courrier au préfet de Meurthe-et-Moselle pour pousser le maire de Buissoncourt à démissionner. Selon la loi, rien ne l’y oblige.