Double-meurtre de Montigny-lès-Metz : un enquêteur affirme avoir eu des aveux de Francis Heaulme dès 1993

  • A
  • A
Double-meurtre de Montigny-lès-Metz : un enquêteur affirme avoir eu des aveux de Francis Heaulme dès 1993
Francis Heaulme aurait reconnu le double meurtre dès 1993@ BENOIT PEYRUCQ / AFP
Partagez sur :

Au cours d'un entretien informel, Francis Heaulme aurait dit à l'enquêteur : "j'ai tué deux gosses à coups de pierre".

"J'ai tué deux gosses à coups de pierre", aurait affirmé Francis Heaulme à un enquêteur dans les années 1990. Un ancien gendarme a jeté le trouble vendredi matin à la barre du procès du double-meurtre de Montigny-lès-Metz en 1986.

Suivez le live-tweet de Salomé Legrand, envoyée spéciale d'Europe 1 à la Cour d'Assises de Metz

Des aveux restés sur un bout de papier. Jean-Pierre Virolet, colonel honoraire de gendarmerie, était dans son bureau à Metz "de manière informelle", avec Francis Heaulme en 1993. Les deux hommes se connaissent bien : le premier est le directeur d'enquête dans l'affaire Laurence Guillaume, meurtre pour lequel Heaulme a été condamné en 1995. C'est alors que Heaulme lui dit : "j'ai tué deux gosses à coups de pierre". "Je mets ça sur un bout de papier. Je vais voir mes deux adjoints qui me disent : 'ça c'est une affaire qui a été jugée, l'auteur est en prison, ça n'a rien a voir'. Moi, il y a l'autorité de la chose jugée, donc je ne bouge pas", explique le militaire à la barre.

Patrick Dils avait déjà été condamné pour le double meurtre. En 1993, Patrick Dils était en effet en prison pour les meurtres, à coups de pierre, de Cyril et Alexandre sur un talus SNCF de Montigny-lès-Metz, le 28 septembre 1986. Il sera définitivement acquitté en 2002. "Moi je suis un ancien, et je m'entretenais souvent avec les gens, même s'ils avaient commis des choses répréhensibles. J'aimais bien leur dire 'voilà ce qu'il va se passer maintenant'", avait auparavant expliqué ce septuagénaire en costume gris pour expliquer ces entretiens "informels".

"C'est de manière informelle ?", reprend le président. "Vous ne prenez pas de procès-verbal ?
- Non.
- Vous prenez des notes ?
- Oui.
- Vous avez gardé ces notes ?
- Non.
- Et vos adjoints n'ont pas dressé de procès-verbal ?
- Moi on me dit, 'c'est une affaire jugée', dont acte. J'ai rien fait".

"Mais monsieur ! Vous connaissez la procédure !". Le gendarme à la retraite ne s'est manifesté qu'en 2015 auprès de la section de recherches de Metz. "Mais monsieur ! Vous connaissez la procédure, vous êtes même garant du respect de la procédure. Quand on a ce type de renseignement, on va voir le procureur de la République", s'emporte le président. "Le 'off' ça n'existe pas dans la justice, ça ne doit pas exister dans la police et ça ne doit pas exister dans la gendarmerie. Et vous dites 'dans le temps c'était comme ça...', c'est pas possible, ça c'est pas possible", se désole le président de la Cour.