Disparues de l'A26 : réouverture d'une information judiciaire sur un meurtre

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Disparues de l'A26 : réouverture d'une information judiciaire sur un meurtre
@ AFP
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Le parquet de Laon a annoncé mercredi avoir rouvert en janvier une information judiciaire sur le meurtre de Marie-Thérèse Borde, qui faisait partie des quatre "disparues de l'A26" entre 1985 à 1988.

Le parquet de Laon, dans l'Aisne, a annoncé mercredi avoir rouvert en janvier une information judiciaire sur le meurtre de Marie-Thérèse Borde, qui faisait partie des quatre "disparues de l'A26" entre 1985 à 1988.

"De nouveaux éléments intéressants". "A la fin de l'année dernière, de nouveaux éléments intéressants, plutôt en lien avec la piste locale et dont je ne peux pas dévoiler le détail, sont apparus", a dit le procureur Baptiste Porcher, qui a organisé une conférence de presse mercredi en raison du regain d'intérêt médiatique sur ce "cold case".  "Compte tenu de ces éléments", plutôt que de rouvrir le dossier dans le cadre d'une enquête préliminaire, "j'ai décidé de saisir le juge d'instruction le 8 janvier", a-t-il ajouté.

"On en est revenu à privilégié la piste locale". Le 23 octobre 1988, le véhicule abandonné appartenant à Marie-Thérèse Borde, 55 ans, représentante de commerce, est retrouvé sur une aire de l'A26 à Saint-Brice. Le jour même, sa veste tachée de sang est découverte dans un bois à Corbeny. La semaine suivante, son corps est trouvé avec des plaies à l'arme blanche, au thorax et sur le crâne, dans un autre bois à Ployart-et-Vaursein. Aucun de ses biens de valeur n'a été dérobé, ce qui avait conduit à écarter la piste crapuleuse. Une information judiciaire ouverte après les faits s'était achevée le 30 décembre 1993 par un non-lieu, l'auteur du crime demeurant inconnu. Mais le dossier a été régulièrement ressorti, notamment pour déterminer s'il pouvait avoir un lien avec des tueurs en série comme Michel Fourniret ou Francis Heaulme.

"Comme toutes les pistes extérieures ont été écartées, on en est revenu à privilégier la piste locale", a dit Baptiste Porcher. "L'auteur (du meurtre) n'est pas identifié, il ne faut pas faire naître de faux espoirs à la famille de la victime mais on a des éléments intéressants qui justifient qu'un juge d'instruction soit saisi", a affirmé Baptiste Porcher, précisant que l'enquête était confiée à la police judiciaire d'Amiens.

Trois autres femmes. Outre Marie-Thérèse Borde, les disparues de l'A26 sont trois autres femmes. Agée de 16 ans, Sophie Borca avait été retrouvée morte en juin 1985 dans un bois à Homblières, environ un mois après avoir disparu à la sortie de son lycée de Saint-Quentin. Une autre élève du même lycée, Christel Oudin, 13 ans, disparaît en novembre 1985 et est retrouvée morte en avril 1986 sur le chantier d'un tronçon de l'autoroute A26. En juin 1988, Ghislaine Charlier, la quarantaine, est retrouvée sans vie entre Aissonville et Montigny-en-Arrouaise, dans le même secteur.

Toutefois, les derniers éléments justifiant l'ouverture d'une information judiciaire ne permettent pas d'effectuer "de rapprochement formel entre les dossiers Borde, Oudin, Borca ou Charlier", a souligné le procureur de Laon.  En 2012, les dossiers Oudin et Borca avaient été rouverts par le parquet de Laon.