Discriminations au travail : les premiers résultats accablants de la campagne de testing

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Pas moins de 40 entreprises de plus de 1.000 salariés ont été testées par un cabinet indépendant mandaté par le gouvernement. Les premiers résultats sont accablants.

Antoine, plutôt que Djamel. Près d'un tiers des entreprises testées par le cabinet indépendant mandaté par le gouvernement ont clairement répondu positivement au candidat qui ne portait pas un prénom d'origine maghrébine. Et ce, à de très nombreuses reprises. Près de 40 entreprises de plus de 1.000 salariés ont ainsi été testées, selon l'une des 18 mesures du groupe de dialogue créé en 2014 et dont la ministre du Travail Myriam El Khomri veut pérenniser l'action. Mercredi, elle dressait un "constat accablant" des résultats du testing mené pour lutter contre les discriminations au travail.



De grandes entreprises concernées . Dans un tiers des cas, le taux de discrimination est très élevé, notamment dans de grandes entreprises qui disposent pourtant de moyens permettant de mener des politiques contre les discriminations. Et selon les résultats du testing, à compétences égales, les entreprises répondaient beaucoup moins favorablement aux candidats portant un prénom à consonance maghrébine.

Le groupe de dialogue sur le sujet, crée il y a deux ans réunit associations et syndicats, mais les organisations patronales l'ont quitté en septembre. 

"Dans le 93, trop de candidats d'origine maghrébine". Mené à grande échelle, le testing a porté sur près de 1.500 offres de travail et 30 à 40 métiers différents ont été examinés. À l'issue de ce testing, toutes les entreprises ont été reçues au ministère du travail pour s'expliquer. Pendant ces entretiens qui ont duré près de deux heures, aucune entreprise n'a contesté la méthode et certaines d'entre elles ont même reconnu pratiquer un recrutement sélectif. Une entreprise par exemple l'a concédé : "Je recrute beaucoup dans le 93, donc si je prends tous ceux qui viennent à moi, j'ai trop de candidats d'origine maghrébine".

Les noms des entreprises "mauvaises élèves" restent pour le moment encore dissimulés car le gouvernement a tout fait pour verrouiller les résultats. Ainsi à l'accueil du ministère, le nom des entreprises en question n'était même pas connus lorqu'elles se sont présentées à leur rendez-vous. Myriam El Khomri a pourtant prévenu : si ces entreprises ne rectifient pas le tir rapidement leur nom sera dévoilé dans les semaines à venir.